Pas de finale pour la France

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Le débat sur l’exploit ou non accompli face aux Etats-Unis au tour précédent n’a plus lieu d’être au coup d’envoi de cette demi-finale mondiale face à un collectif argentin autrement plus armé que l’équipe américaine. Un adversaire rompu aux exigences du basket international jamais battu par les Bleus dans une Coupe du monde (3 matches, 3 défaites), à l’image de son inoxydable Luis Scola. A 39 ans, le pivot argentin, déjà présent lors du titre olympique à Athènes en 2004, ne laisse à personne le soin de planter les cinq premiers points de son équipe. A ses côtés, sans surprise, l’infernal meneur Facundo Campazzo lance son match à 3 points, et l’axe fort des Sud-Américains compile déjà à lui seul les dix premiers points de son équipe dans cette entame de match (10-2).

Louis Labeyrie, facteur X plutôt inattendu, garde les Bleus au contact grâce à deux paniers primés (14-12). Quand Rudy Gobert, en revanche, n’est pas trouvé dans la raquette… Mais les joueurs de Vincent Collet répondent en intensité au fil des minutes pour finir ce premier quart-temps avec un 16-11 sur une meilleure dynamique (21-16). On est loin des rotations habituelles de l’équipe de France, mais la tendance se confirme avec une défense tricolore qui s’impose enfin et surtout la première prise du score sur une inspiration de Nando De Colo pour Mathias Lessort (23-24).

La faillite en attaque

Le paradoxe, c’est que la meilleure équipe de la compétition à trois points affiche un monstrueux 7/31 dans l’exercice… (*) Avec pour conséquence un 6-0 argentin (32-26). Mais c’est bien l’adresse qui fait défaut, à l’image d’un Evan Fournier (6/17 aux tirs) trop court comme Nicolas Batum ou Gobert (seulement 3 points chacun…), et l’ensemble de ses coéquipiers. De quoi trancher avec l’efficacité d’un Campazzo encore primé avant la mi-temps (39-32). "On voit que les Argentins, c’est à la vie, à la mort. On subit trop…", constate l’entraîneur-adjoint Pascal Donnadieu, interrogé sur Canal+ Sport.

L’impact est argentin, comme celui qu’impose l’inusable Luis Scola (28 points, 13 rebonds) pour le plus gros écart du match (55-40). Quand l’attaque française se montre de plus en plus ridicule avec cet air-ball atroce d’Andrew Albicy… Un 21-16 fatal dans ce troisième quart-temps (60-48), même si le nouveau record de points d’un Frank Ntilikina (16 points) entretient un temps l’espoir. Pour un retour à 8 points à… 8 minutes du buzzer, que le 0/2 aux lancers-francs d’un Gobert hors-sujet jusqu’au bout annihile pour de bon.  Et, comme un symbole, c’est Luis Scola qui, fort de deux nouveaux paniers à trois points, revient écœurer un peu plus ses adversaires pour une véritable leçon de basket (80-66).

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(*) 23 sur 59 aux tirs (39 %) et 13 sur 25 aux lancers-francs (52 %).