Griezmann, rebond gagnant

FEP / Panoramic

En quatre jours, la côte de numéro 7 français a bondit. Ou rebondit plutôt. Il faut dire qu’après deux performances décevantes contre l’Albanie et la Belgique, le joueur de l’Atlético Madrid avait bien besoin de se racheter. La blessure de Nabil Fekir, préjudiciable pour le groupe tricolore, lui a au moins permis de trouver du temps du jeu contre le Portugal puis de démarrer titulaire hier soir face à la sélection serbe.

Déroutant dans ses prises de balles, virevoltant dans chacune de ses courses, Griezmann est redevenu le temps d’un match le joueur qui était apparu si déterminant au Brésil lors de la dernière Coupe du monde. Si la réussite n’a pas été au rendez-vous, il est avec Mathieu Valbuena celui qui a été le plus en vue. Dans le schéma en 4-3-3 de Didier Deschamps, sa faculté à évoluer aussi bien à droite qu’à gauche est forcément un plus. Sa propension à prendre la profondeur comme à jouer dans des espaces plus restreint en font aussi un élément incontournable, et ce quel que soit l’adversaire des Bleus.

Moins buteur qu’en club

Souvent positionné dans un rôle de second attaquant à l’Atlético, Griezmann est plus excentré lorsqu’il évolue en équipe de France. Un rôle d’ailier qui ne lui permet pas de se montrer aussi décisif, en atteste ses petites cinq réalisations en 20 apparitions avec les Bleus. Il faut d’ailleurs remonter au 14 novembre dernier et à un nul en Albanie (1-1) pour trouver trace du dernier but de Griezmann en sélection. Bien loin de son statut de leader d’attaque avec les Colchoneros (25 buts la saison dernière), qui en ont fait le meilleur buteur français à l’étranger lors du précédent exercice.

En persistant à l’aligner dans un couloir, Didier Deschamps se prive certainement d’une belle gâchette offensive. Au Pays-Bas, on a l’habitude de dire que l’on aligne les hommes les plus talentueux au centre du terrain, pour bénéficier au mieux de leur impact sur le jeu. A l’Atlético, Diego Simeone a changé son fusil d’épaule. Après plusieurs semaines à le titulariser à gauche, El Cholo a décidé de le replacer dans l’axe l’an passé. Un pari réussi pour l’entraineur argentin.

Ce n’est pas l’avis de Didier Deschamps. Le test du 4-4-2 effectué contre le Portugal n’y change rien, et le sélectionneur français semble convaincu du bien-fondé d’une attaque à trois têtes. Et dans cette formule, la place d’avant-centre est dévolue à Karim Benzema, malgré l’irrégularité chronique de joueur du Real Madrid. A moins d’un changement de cap qui paraît bien illusoire à quelques mois de l’Euro, c’est donc sur un côté qu’Antoine Griezmann devra se mettre en lumière. Un challenge de plus à relever pour le talentueux attaquant de 24 ans.


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