L’OM stoppe l’hémorragie au Vélodrome

Panoramic

L‘OM a mis fin au syndrome Vélodrome. En coupe en tout cas. A la recherche d’un succès sur leurs terres depuis le 26 novembre et une victoire contre Groninguen en Europa League (2-1), les Marseillais sont enfin parvenus à s’imposer dans leur antre, en prenant le meilleur sur Montpellier pour le compte des 16èmes de finale de la Coupe de France (2-0). Souvent bousculés par des Montpelliérains volontaires, les Olympiens ont fait preuve d’un réalisme détonnant pour s’en sortir, par l’intermédiaire du malheureux Ramy Bensebaini contre son camp (42e) et du latéral Brice Dja Djédjé (54e).

Mais la construction de ce succès fut loin d’être simple pour Marseille, qui a plus souvent subi qu’il n’a pu instaurer son emprise sur la rencontre. Conscient des difficultés marseillaises à domicile, Montpellier avait veillé à mettre en place un bloc suffisamment haut pour bousculer des Phocéens en perte de repères. Sans pour autant faire preuve d’un pressing étouffant, les Pailladins empêchaient tout de même leurs adversaires de confortablement construire leur plan d’attaque. Mais les coéquipiers de Ryad Boudebouz ne sont vraisemblablement pas les seuls responsables d’une telle déchéance de la part de leurs adversaires. Il est peut-être temps de retravailler les fondamentaux du côté de l’OM. Les transmissions des Ciels et Blancs furent souvent bien trop imprécises, tandis que leur placement a souvent laissé à désirer. Le manque de cohésion est toujours aussi évident dans l’effectif de Michel, les attaquants jouant plus pour eux-mêmes que pour l’ensemble de l’équipe.

Il était donc logique de voir Montpellier se créer les meilleures opportunités, mais les Héraultais ont d’importants soucis de réalisme depuis quelques temps, comme ce fut le cas en début de saison (1 but lors des 5 premières journées de championnat). C’est ainsi que Yatabaré voyait sa tête repoussée par un superbe arrêt de Mandanda (2e), ou que la reprise instantanée de Saihi était contrée de justesse par Karim Reikik alors qu’elle prenait le chemin des filets (22e). Les Montpelliérains avaient donc légitimement de quoi s’estimer lésés quand Bensebaini marquait dans ses propres cages, sur la première véritable occasion marseillaise, toutefois joliment construite par Cabella et Nkoudou (1-0, 42e).

Mandanda porte les siens

L’apport de ses jeunes ailiers, GK Nkoudou et Bounna Sarr, fut encore la principale arme utilisée par les Phocéens mercredi soir. Leur activité est très intéressante, mais ne peut pas permettre de construire de relation avec un milieu manquant profondément de consistance, et qui peine à prendre ses responsabilités ; d’autant plus en l’absence dupatron Lassana Diarra. Le manque d’agressivité et de concentration défensives des Olympiens auraient sans doute pu leur coûter cher, mais leur opportunisme providentiel a encore fait mouche. Au sein d’une période de légère domination héraultaise, Dja Djédjé a inscrit son tout premier but sous le maillot de l’OM, en propulsant au fond des filets un ballon que n’avait pu capter Ligali devant Bounna Sarr (2-0, 54e).

Mais l’OM aurait pu s’en sortir moins noblement. Aussitôt retomber au plus profond de ses doutes. Et inévitablement voir son retour de confiance menacé. Tout cela si les Phocéens ne pouvaient pas compter sur un gardien de la trempe de Steve Mandanda. El Phenomeno a une fois de plus – et sûrement pas la dernière – porté le dessein de son équipe sur ses épaules. Comme lorsque Yatabaré, après avoir dominé physiquement Dja Djédjé, s’est présenté face à lui (58e). Mandanda, évidemment, après une première parade de haut niveau en début de match (2e), s’est interposé. Une fois de plus, le capitaine olympien a été déterminant. Il a également prouver son importance en recadrant avec autorité son coéquipier Camerounais, Dja Djédjé, particulièrement énervé contre M.Jaffredo au terme de l’action. Définitivement indispensable.

Le travail effectué par Mandanda fut loin d’être anodin, puisque cette victoire marseillaise se voit assortie de plusieurs vertus bénéfiques. Au-delà de la qualification pour les 8èmes de finale, les Phocéens se sont enfin imposés au Vélodrome. C’était extrêmement important dans l’optique d’une reconquête progressive d’un public adulant toujours Marcelo Bielsa. Ce succès est en outre le gage d’une dose de confiance qui ne sera décidément pas de trop au vu des échéances qui attendent les hommes de Michel. Si le déplacement déterminant à Lyon se profile, il sera bien sûr important de rééditer pareille performance à domicile en Championnat, où la dernière victoire au Vélodrome remonte à septembre et un carton contre Bastia (4-1). Mais pour cela, il faudra affirmer un plan de jeu plus cohérent. Car les Marseillais ne pourront pas toujours compter sur un réalisme aussi frappant.


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