Shanghai - Medvedev remporte son 2e Masters d'affilée

REUTERS

Alexander Zverev ne bluffait peut-être pas quand, après avoir éliminé en quarts de finale "le meilleur joueur de tous les temps", Roger Federer, il s'inquiétait de croiser la route de celui qui est "depuis quelques mois le meilleur joueur du monde", Daniil Medvedev. Tube de l'été américain, le Russe est en effet injouable en ce moment, et après Cincinnati en août, le voilà qui remporte un deuxième Masters 1 000 consécutif, en dominant donc Zverev à Shanghai (6-4, 6-1). Et l'Allemand savait bien que son bilan de 4-0 face à Medvedev ne pesait pas bien lourd, car la dernière fois qu'ils s'étaient croisés, l'an passé à Toronto, le Russe n'était encore qu'un modeste 68e mondial.

Zverev donnait l'impression de s'être remis la tête à l'endroit, depuis quelques semaines, et certains observateurs y voyaient l'influence d'un week-end de Laver Cup, où Rafael Nadal et Roger Federer lui avaient glissé quelques mots bien choisis dans l'oreille. Mais après s'être accroché dans le premier set, malgré une entame manquée (3-0), le grand "Sascha" s'est écroulé à 5-4, 30-30, en commettant deux terribles doubles fautes. Difficile de ne pas y voir la différence entre un joueur en pleine confiance, imperturbable, qui disputait là sa sixième finale consécutive, et un autre qui n'a pas encore réussi à chasser tous les doutes, et à évacuer le poids des attentes.

Medvedev, qui a déroulé son tennis, sans surjouer (19 coups gagnants, 14 fautes directes), sans rien donner dans l'échange, signe ainsi son 29e succès en 32 rencontres depuis fin juillet. Depuis l'US Open, cela fait même 9 victoires consécutives, sans perdre le moindre set. Sur les 18 manches disputées, à 9 reprises son adversaire l'a poussé jusqu'à 5-5, mais à chaque fois c'est l'implacable Daniil qui a raflé la mise. Avec la même froideur qui l'a vu accueillir ce nouveau titre, à peine célébré d'un petit sourire.

Medvedev est plutôt du genre à faire peur, à tout le monde, même à Novak Djokovic et Roger Federer. Si le Serbe et le Suisse ont disparu du tournoi avant de croiser sa route, le Russe n'y est pour rien, et il s'est tranquillement occupé de leurs bourreaux dans la foulée (Tsitsipas et Zverev). Medvedev, qui a amassé 4 350 points sur ses six derniers tournois, conforte sa place de n°4 mondial et se hisse même à la 3e place à la Race, devant Federer, à un stade de la saison où cela commence à ressembler furieusement au futur classement de fin d'année. Après la tournée américaine, qu'il avait fini éreinté, mais héroïque en finale de l'US Open contre Nadal, Medvedev a réussi à poursuivre sur le même rythme, sans fléchir. Où s'arrêtera-t-il ?