Serie A : Zbigniew Boniek très dur avec la Juventus Turin
Ancienne gloire bianconera et troisième du Ballon d’Or 1982, le Polonais a commenté pour la Gazzetta dello Sport le duel au sommet de la 16e journée de la Serie A entre l’AS Roma et la Juventus Turin.
Pendant que Naples, l’AC Milan, l’Inter Milan et Bologne sont en Arabie saoudite jusqu’à dimanche pour se disputer la Supercoupe d’Italie (Les Azzurri ont éliminé les Rossoneri en demi-finales hier soir (2-0), ndlr), les seize autres formations de Serie A s’affronteront à l’occasion de la 16e journée. Une journée qui proposera un duel alléchant au stadio Olimpico entre l’AS Roma et la Juventus Turin.
Une affiche dont les conséquences pourraient être importantes au classement. Cinquième, la formation turinoise a besoin de s’imposer pour recoller à sa rivale romaine, quatre points au-dessus à la quatrième place. "Il est encore tôt, nous ne sommes même pas à la fin de la première moitié de saison. Bien sûr, la Juventus a besoin d'une victoire pour se relancer dans la course et ne pas se laisser distancer," a confirmé Zbigniew Boniek dans un entretien accordé à la Gazzetta dello Sport.
Une victoire nécessaire mais qui ne sera pas simple à obtenir, même si l’ancien international polonais estime voir du mieux chez les Bianconeri. "Depuis l'arrivée de Spalletti, j'ai l'impression que nous travaillons mieux, même en termes de concentration et d'application. Cependant, depuis le début de l'année, je n'ai pas vu la Juventus jouer à son meilleur niveau, même si elle reste une équipe difficile à affronter," a-t-il expliqué. Pour autant, celui qui a obtenu le Ballon d’Or en 1982, lors de son passage dans le Piémont, n’est guère optimiste quant aux chances de son ancien club. "Spalletti n'a pris les rênes que récemment, mais il me semble qu'il le guide déjà. C'est un entraîneur très ambitieux, mais, même s'il s'agit de la Juve, cette équipe manque de véritables champions. Le seul qui se démarque est peut-être Yildiz, qui semble promis à un brillant avenir," a-t-il constaté avec franchise dans les colonnes du quotidien sportif italien.
Sous le charme de Gasperini
S’il se montre critique à l’égard de la formation évoluant sur les rives du Pô, il éprouve un plus grand enthousiasme au moment de s’attarder sur les chances de l’AS Roma. Un enthousiasme lié à la présence de Gian Piero Gasperini. "Le secret de la Roma, c'est Gasperini, un homme franc qui vous parle en face (…) Gasperini fait un travail extraordinaire, presque surprenant à certains égards. Je ne pense pas que beaucoup de gens, en début de saison, auraient pu prédire un tel départ canon pour la Roma. Gasperini est exigeant, honnête, il fait travailler tout le monde à égalité et il ne se cache pas derrière des apparences ou des déclarations," a dépeint le Polonais de 69 ans avant de prolonger son éloge : "Il y a une de ses citations qui m'a marqué et que j'ai beaucoup appréciée : il disait que jouer autant de matchs lui permettait de corriger les choses et même de progresser. Dans un football où tous les entraîneurs ont tendance à se lamenter après tant de matchs, il a insufflé un nouvel élan à l'équipe. C'est comme s'il avait dit à ses joueurs : 'Nous sommes forts, nous avons les remplaçants, il suffit de jouer.' Et il a redonné vie à des joueurs qui semblaient oubliés : Celik est devenu le Cafu d'Ankara, Hermoso est désormais un défenseur absolument indispensable, alors qu'il y a à peine dix mois, il était considéré comme un point faible."
Samedi soir, l’AS Roma sera en position de force avec l’appui de ses supporters. Un avantage non négligeable au moment de revendiquer une victoire qui permettrait de creuser un écart significatif sur son premier poursuivant. "Là, à Rome, on recommencerait vraiment à rêver," a-t-il assuré. Pour autant, celui qui a fini sa carrière dans la Ville éternelle, où il vit toujours ("Cette ville est entrée dans mon cœur," a-t-il avoué), estime que les chances romaines de gagner le Scudetto pour la première fois depuis 2001 sont faibles. "Rêver n'est jamais interdit, et cela ne coûte rien. Surtout à Rome, où des miracles se produisent tous les trente ans… Mais il faut aussi être réaliste ; les autres équipes semblent mieux armées – je pense notamment à Naples, Milan et l'Inter. En bref, remporter le Scudetto pour la Roma serait un miracle, tandis que la Juventus possède de bons joueurs, mais n'est pas championne. L'important, cependant, est de se battre," a conclu la légende polonaise qui ne manquera pas une seconde de ce choc entre les deux clubs de son cœur en Italie.









