Serie A : L’Inter Milan ne tombe pas dans le piège d’Antonio Conte
Alors que l’entraîneur de Naples à assurer que son équipe n’avait pas les mêmes moyens que ses rivaux, Beppe Marotta et Cristian Chivu estiment que le champion en titre se sous-estime volontairement pour instaurer un jeu psychologique.
La bataille pour le Scudetto est vive et la 17e journée, qui s’est déroulée ce week-end, n’a fait que confirmer qu’elle serait indécise jusqu’au bout. Hier, l’AC Milan a mis la pression sur ses rivaux en s’imposant largement contre l’Hellas Vérone (3-0), mais Naples a répondu avec un succès sur la pelouse de Cremonese grâce au doublé de Rasmus Højlund (2-0), avant que l’Inter Milan ne prenne le meilleur sur l’Atalanta à Bergame (1-0). Les trois équipes se tiennent ainsi en deux points, tandis que la Juventus Turin n’accuse que quatre longueurs de retard.
Et si la bataille fait rage sur le terrain, elle a aussi été entamée en dehors, où Antonio Conte a savamment mis la pression sur ses rivaux. “Naples n’est pas encore en mesure de prétendre au leadership pour de nombreuses raisons. Nous venons d’entamer un processus et, structurellement, nous ne sommes pas prêts. La Juventus, Milan et l’Inter sont différents en termes de structure, d’équipe réserve, de masse salariale et de valeur des actifs. Si une autre équipe que ces trois-là gagne, c’est qu’elle a accompli quelque chose d’extraordinaire. On ne peut pas faire l’autruche face à une telle différence. Ensuite, on essaie de combler cet écart sur le terrain, mais nous parlons de situations différentes”, a déclaré l’entraîneur des Azzurri sur DAZN.
“Je me fiche de ce que dit Conte”
Une sortie médiatique en contradiction avec le réel, puisque le champion en titre figure dans le peloton de tête alors même qu’il doit composer avec l’absence de Kevin De Bruyne depuis déjà deux mois. Et si l’on comprend l’intention derrière les paroles d’Antonio Conte, les rivaux des Napolitains ne se laissent pas berner. “Je ne veux pas créer de polémique. Conte est un bon entraîneur et un bon communicant. Il sait comment détourner l’attention et communiquer efficacement. Naples est le grand favori ; champion en titre, l’équipe a investi massivement et fait preuve d’une grande constance technique ; c’est la seule équipe à ne pas avoir changé d’entraîneur. Nous avons revu notre modèle et investi dans de jeunes joueurs. Nous nous battrons tous jusqu’au bout, mais je crois que Naples, à juste titre, est un sérieux prétendant au titre”, lui a ainsi répondu Beppe Marotta, là aussi sur DAZN.
Une posture reprise par Cristian Chivu, aligné avec son président. “Je me fiche de ce que dit Conte. S’il a l’habitude de semer la zizanie, libre à lui, mais je ne le ferai pas parce que ça ne me plaît pas. On peut jouer au football sans s’attarder sur le reste. Nous devons respecter les valeurs de cette compétition. Au final, ce n’est que du football, du sport. Et les gens devraient pouvoir en profiter. Ceux qui font des erreurs peuvent le faire en toute tranquillité. Nous savons que notre seul objectif est d’être compétitifs et de tenter de répondre aux attentes de tous”, a plaidé l’entraîneur nerazzurro au micro du diffuseur anglais de la Serie A.
Droit dans ses bottes, le technicien roumain n’a que faire des palabres et du jeu médiatique. Sa seule boussole est le terrain, et cela lui réussit. Alors que la succession de Simone Inzaghi avait tout d’un cadeau empoisonné, Cristian Chivu s’en sort à merveille avec une équipe toujours aussi redoutable, qui trône au sommet de la Serie A après quatre succès consécutifs, et bien partie pour se qualifier directement en huitièmes de finale de la Ligue des champions (l’Inter est 6e après 6 journées, ndlr). Pas de quoi néanmoins décourager son homologue napolitain d’adresser ses saillies.









