Ligue des Champions - Reus et De Bruyne, deux capitaines pour un grand soir

Reuters

Un duel encore incertain ! Marco Reus, sorti samedi par précaution en cours de match, est encore incertain pour le quart de finale retour à Dortmund (victoire de City 2-1 à l'aller), a affirmé mardi son entraîneur Edin Terzic. Pour lui, auteur du seul but de son équipe à l'Etihad Stadium, éliminer l'un des favoris de la compétition serait pourtant un exploit retentissant, et une petite revanche sur un destin longtemps contraire. De Bruyne, qui a marqué un but à l'aller, tout comme Reus, est lui parfaitement en forme, et portera la responsabilité de conduire son club vers la victoire finale dans la compétition reine, qui échappe toujours aux Citizens malgré les fortunes investies saison après saison pour bâtir l'équipe.

Contrat NBA

Arrivé à Manchester en 2015, De Bruyne a été de toutes les désillusions européennes, de la demi-finale perdue contre le Real pour sa première saison en 2015-2016 (0-0, 0-1) aux trois échecs successifs en quarts de finale depuis trois ans. "Les années changent, mais c'est toujours la même chose", avait-il lâché, lapidaire et un brin désabusé après la défaite contre Lyon (3-1) à Lisbonne la saison passée. Son envie et son ambition sont pourtant restées intactes. Et il vient de s'engager pour deux années supplémentaires, jusqu'en 2025, avec une prolongation mirifique aux airs de contrat NBA: 83,2 millions de livres (96 millions d'euros) sur 4 ans, ce qui fait de lui le joueur le mieux payé de Premier League.

Avant de signer, il a fait réaliser un rapport ultra-détaillé par une entreprise d'analyse de données. Statistiques sur le terrain, salaire des joueurs équivalents, chances de City de remporter des trophées basées sur l'effectif et l'âge des joueurs: rien n'a échappé à la moulinette de l'étude. Et la conclusion a été sans appel: De Bruyne reste, à 29 ans, absolument indispensable aux Citizens. Sa meilleure chance de continuer à empiler les trophées était de rempiler.

Dans l'ombre de Haaland 

Face à ce monstre de rationalité, Reus fait figure de romantique. Natif de Dortmund, il est fier d'incarner le lien entre le club et sa ville. Mais à 31 ans, cet attaquant au talent immense peut aussi nourrir quelques regrets. Son corps, fragile, a eu du mal à supporter le rythme du football professionnel, et sa carrière a été hachée par les blessures. Son absence mercredi "serait une grosse perte pour nous", assure son coéquipier Manuel Akanji, "il a très bien joué récemment, son expérience est précieuse et il sait ce qu'il faut faire pour atteindre les demi-finales". Reus n'a pourtant jamais été épargné par les critiques, qui lui reprochent de ne pas avoir le charisme de meneur d'hommes que les Allemands attendent d'un capitaine. Sur le terrain, il est aussi dans l'ombre de ses deux équipiers surdoués, Jadon Sancho (21 ans) et le phénomène Erling Haaland (20 ans), que City regarde d'ailleurs avec les yeux de Chimène.

"Je dois suivre mon propre chemin, répond-il lorsque les journalistes le bousculent, et faire mes propres expériences. Je suis fier d'être le capitaine du Borussia, mais si quelqu'un estime que ce serait mieux autrement, ce n'est pas un problème". Mercredi, si son corps le lui permet, Reus le discret peut redorer le blason du Borussia, en mauvaise posture en championnat et en passe de rater la qualification pour la prochaine C1. Mais la tâche sera rude: rallié au panache roux du volcanique De Bruyne, City arrive lancé, en quête d'un quadruplé historique auquel Dortmund n'est pas censé faire obstacle.
 

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