WTA : L'ancien coach de Garcia explique comment il l'a relancée

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A la surprise générale, Bertrand Perret avait annoncé juste avant le Masters qu'il n'entraînerait plus Caroline Garcia. Officiellement pour des soucis de nature extra-sportive qui avaient "fini par gâcher l'ambiance". Il était pourtant celui qui avait permis à la Française de rivaliser de nouveau avec les meilleures et de pouvoir rêver de retrouver les sommets du classement. C'est chose faite depuis mardi et le sacre à Fort Worth (Texas) de Garcia au Masters. Même s'il n'est plus le coach de la Lyonnaise, Perret n'en a pas perdu une miette. Et il s'en est réjoui de la même façon que s'il était toujours l'entraîneur de l'héroïne incontestée de la fin de saison. "C'est extraordinaire ce qu'elle a fait. Ça finit l'année en apothéose. Je suis très content pour elle. Content, aussi, qu'elle ait retrouvé son jeu, son envie. C'est vraiment bien." L'entraîneur français de 56 ans en est le premier responsable. Il revient d'ailleurs dans L'Equipe sur la stratégie qu'il a mise en place au moment où Garcia semblait au plus bas (79eme au classement) et alors qu'il venait de prendre sa destinée en main pour lui redonner des ailes (elle occupait la 6eme place à la fin de leur collaboration).

"Elle est tellement perfectionniste..."


"On a dû faire un gros travail au niveau technique, par rapport à son jeu, et surtout au niveau de l'aspect mental. Il fallait lui redonner confiance. C'était vraiment un travail de longue haleine parce qu'avec le jeu qu'elle a, sans confiance, ça devient très dur." D'autant plus dur, à en croire l'intéressé, que la deuxième joueuse tricolore après Amélie Mauresmo à remporter le Masters est diablement perfectionniste. "Elle l'était même trop, poursuit Perret. Elle n'acceptait pas de faire des fautes. Avec son jeu à risques, si tu n'acceptes pas de faire des fautes, tu te frustres. Ce n'est pas un jeu à la Sorribes Tormo ou à la Halep, c'est un jeu où elle prend beaucoup de risques. Si elle voulait progresser à l'entraînement et ne pas se frustrer en match, il fallait que Caroline accepte de faire des fautes. Ce n'était pas évident au début, j'ai vraiment eu du mal à lui faire comprendre, parce qu'elle est tellement perfectionniste..." Avec le temps, l'homme qui a permis au phœnix Garcia de renaître de ses cendres est parvenu à faire accepter les fautes à sa protégé.

"Elle n'a aucune limite"


Au même titre qu'il a réussi à lui mettre en tête qu'aussi agressif soit son jeu, il serait encore plus efficace en raccourcissant souvent les points. "Le jeu vers l'avant, c'était la suite logique. On a pas mal travaillé sur sa volée qui est la concrétisation de son jeu d'attaque. Ça lui faisait plaisir de travailler dans ce sens. C'était l'aboutissement de son jeu", se souvent son ancien coach, qui a très vite saisi que quelque chose de grand attendait Garcia, à condition non seulement de ne plus être rattrapée par les problèmes physiques mais aussi d'aligner des succès, en particulier contre les meilleures. Pour Perret, le plus beau est même peut-être à venir, dans la mesure où à ses yeux, "Caro" peut encore progresser. "Quand tu la vois jouer comme elle a joué cette semaine ou sur des tournois comme Cincinnati, tu te dis qu'elle n'a aucune limite. Il y a toujours des marges de progression. Elle peut encore s'améliorer, être encore plus confiante, au niveau de la volée. Elle peut même faire un peu plus de services-volées pour déstabiliser encore davantage ses adversaires." Et aller remporter son premier tournoi du Grand Chelem. "Elle peut viser plus haut dès 2023", assure Perret, resté en bons termes avec la championne malgré la séparation.

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