Ligue Europa - OM : Sampaoli, néophyte européen

Panoramic

Dix mois à Séville, six à Marseille, voilà la vie européenne de Sampaoli. Et comme il le reconnaît lui-même, l'intensité mise au travail lui interdit de se plonger pleinement dans la réalité locale. "J'ai eu peu de temps pour bien connaître la ville et j'aimerais pouvoir parler un peu avec les gens", a-t-il ainsi expliqué la semaine dernière devant la presse. "Je sens que les gens ont envie de gagner, de victoires, de revivre des choses vécues dans le passé. L'OM est un club qui a des supporters superbes, comme ceux auxquels je suis habitué en Amérique du Sud. Le peuple de Marseille mérite que l'OM soit beaucoup plus compétitif. On va essayer", a-t-il ajouté. Dès son arrivée au mois de mars, l'ancien sélectionneur de l'Argentine avait tenu ce discours. Même si la situation sportive l'incitait à la prudence, son idée de la place de l'OM ne faisait aucun doute: "L'histoire de ce club l'oblige à jouer une coupe d'Europe", a-t-il dit plusieurs fois. 

"Faire rayonner"

 

Après la traumatisante Ligue des Champions de la saison dernière (trois points en six matches), le club provençal s'attaque jeudi sur la pelouse du Lokomotiv Moscou à la Ligue Europa, où il a connu des bonheurs récents (finale en 2018) et qui semble plus conforme à son potentiel actuel. "Pour moi, la Ligue Europa est très importante", a-t-il assuré mercredi à Moscou, en conférence de presse. "Elle permet d'affronter des équipes différentes et de faire rayonner le club. On doit avoir le même niveau d'engagement qu'en L1, donner le meilleur et profiter de l'Europe pour continuer à progresser", a-t-il ajouté. Mais le groupe marseillais est difficile, avec la Lazio Rome et Galatasaray en plus du club russe, et des confrontations avec des techniciens réputés comme Fatih Terim ou Maurizio Sarri, qui ont tous deux déjà gagné la C3 (Terim en 2000 avec Galatasaray et Sarri en 2019 avec Chelsea).

Sampaoli en revanche n'a donc disputé qu'une seule compétition européenne, la Ligue des Champions 2016-2017 avec Séville, autre club à tradition européenne. Sampaoli était en effet arrivé en Andalousie après l'incroyable triplé de C3 d'Unai Emery. Récompense d'une première partie de saison réussie, l'Argentin était ensuite parvenu à amener le club espagnol jusqu'en 8e de finale, après avoir pris la 2e place d'une poule dominée par la Juventus et qui avait laissé sur le carreau Lyon et le Dinamo Zagreb. 

Comme un volcan


Mais Séville n'était pas parvenu à aller plus loin, en dépit d'un 8e de finale accessible face à Leicester, battu 2-1 à l'aller mais victorieux 2-0 au match retour en Angleterre. Cette élimination avait en quelque sorte marqué le début de la fin de l'histoire sévillane de Sampaoli, avec une fin de saison plus compliquée puis un retour en Argentine pour prendre en mains l'Albiceleste, mal vécu par les supporters. Cette saison de Ligue des Champions avait déjà mis en lumière le caractère explosif du technicien argentin, expulsé deux fois, face à la Juve et au match retour contre Leicester. Le volcan ne s'est pas éteint et samedi dernier à Monaco, Sampaoli, averti verbalement peu avant, a pris un carton jaune dès la 15e minute. 

Quelques jours plus tôt, l'entraîneur de Monaco Niko Kovac avait dressé un rapide portrait de son adversaire à venir. "J'ai suivi sa carrière quand il était sélectionneur du Chili et d'Argentine, puis en Europe. Je dirais que c'est un entraîneur d'Amérique latine classique. C'est un garçon très positif, avec beaucoup de caractère, très émotionnel", a jugé le Croate. A Moscou, Sampaoli va essayer de commencer à devenir aussi un entraîneur d'Europe.

Sampaoli justifie le choix Mandanda sur le banc de touche : 


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