De la friture entre Stéphan et la direction rennaise

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Ce sont des propos qui ne passent pas. Ils remontent à maintenant quelques semaines, avant la dernière trêve internationale, et on n’a pas franchement senti à quel point ils étaient susceptibles d’envenimer la situation d’un Stade Rennais à l’arrêt, puisque sans la moindre victoire, toutes compétitions confondues, depuis fin août.

 

 

Entre une défaite à Nantes (1-0) et un nul à Marseille (1-1), Sylvain Armand, le coordinateur sportif du SRFC, s’était exprimé sur le site du club breton pour pointer les insuffisances affichées à La Beaujoire par l’équipe de Julien Stéphan, dont les joueurs étaient apparus ce jour-là aux yeux de l’ancien défenseur "totalement hors sujet dans le combat, la solidarité, le dépassement de soi et la volonté de faire les choses ensemble". Mais aussi que l’heure n’était plus à "se cacher et se trouver des excuses en permanence".

"Ma position a été fragilisée" (Stéphan)

La performance signée au Vélodrome dans la foulée, si elle n’avait pas permis de renouer avec le succès, avait au moins rassuré en termes de contenu. A ceci près qu’Armand avait aussi dans son état des lieux du moment repris de volée Julien Stéphan lui-même, qui avait eu le malheur de regretter ne pas disposer d’une plus grande profondeur de banc: "Tout est réuni pour que l’équipe performe, répondait alors l’ancien pro devenu dirigeant. On a besoin de retrouver ce qui fait la force d’un groupe. Avec beaucoup de respect pour eux, on peut voir que certains clubs avec des effectifs peut-être pas aussi riches, font de bons résultats car ils ont la bonne mentalité et les bonnes valeurs."

3Je suis dans cet état d’esprit là, extrêmement soudé avec le staff et les joueurs pour inverser la tendance."

Invité à évoquer sa relation avec sa direction lors de la conférence de presse donnée à la veille de la réception des Roumains de Cluj ce jeudi, au Roazhon Park (21 heures) – un match capital pour l’avenir européen de Rennes – Stéphan, bien loin de botter en touche, a abordé de front la question: "Ma position d’entraîneur a été fragilisée il y a quelques semaines, très clairement, lors de la sortie médiatique de la direction sur le site du club, a asséné le technicien, repris par nos confrères de Ouest-France. À ce moment-là, j’ai été fragilisé. Mais je suis extrêmement combatif, extrêmement déterminé. Pour résumer mon état d’esprit, je vais paraphraser Winston Churchill, qui disait que son histoire lui serait indulgente, parce qu’il avait décidé de l’écrire. Je suis dans cet état d’esprit là, extrêmement soudé avec le staff et les joueurs pour inverser la tendance." On hésitait à décréter la crise à Rennes, mais en convoquant Churchill, c’est la guerre, en interne qui plus est, que paraît entériner l’entraîneur vainqueur de la dernière Coupe de France.

Et Stéphan de regretter l’image renvoyée d’un club sinon divisé, qui n’a en tout cas pas su laver son linge sale en famille: "Ce qui est dommageable, c’est qu’on ne dégage pas de la sérénité. Je crois qu’on était, à ce moment-là, septièmes ou huitièmes du championnat. Je veux dégager cette sérénité, même dans une période plus difficile, auprès des joueurs, auprès du public, de tous ceux qui aiment et suivent le club. Une période difficile, cela peut arriver dans une saison. C’est arrivé dans d’autres clubs, ça a peut-être fait moins de bruit, mais d’autres clubs ont eu des séries difficiles. Il faut dégager de la sérénité, mais aussi être lucide et honnête dans l’analyse, prendre conscience des choses, mais dans le calme pour que l’on puisse trouver les bonnes réponses." Et faire l'économie d'un déballage inutile et contre-productif...