C1: Manchester United dans le brouillard à Villarreal

Panoramic

Leader du groupe F avec 7 points, comme son futur adversaire, et avec 2 longueurs d'avance sur Bergame, avant la 5e journée, Manchester United se qualifierait pour les huitièmes en cas de victoire et aura de toute façon son destin entre ses mains, sinon. Sur le banc, ce sera le grand début de Michael Carrick, ancien milieu de terrain axial pendant 12 saisons à Old Trafford, au cours desquelles il a été un témoin privilégié du déclin mancunien.

Arrivé en 2006 de Tottenham, il a connu les dernières saisons avec Alex Ferguson, mais aussi joué sous ses successeurs David Moyes, Louis van Gaal et José Mourinho, avant d'intégrer le staff du Portugais à sa retraite. Il s'est constitué l'un des plus beaux palmarès du football anglais - 5 titres de champion, une Ligue des champions -, principalement sous les ordres de "Sir Alex", mais il doit sa nomination temporaire sur le banc surtout au fait qu'il est l'un des seuls à avoir les qualifications requises.

"On ne sait pas quoi faire du ballon"

L'envoyer près de Valence pour son baptême du feu 48 heures à peine après sa promotion est tout sauf un cadeau alors que le club avait eu quinze jours de trêve internationale pour organiser une éventuelle transition. D'autant que l'aveu d'impuissance de David de Gea après la nouvelle humiliation à Watford (4-1), samedi, a donné une image assez terrifiante de la tâche à accomplir: "On ne sait pas quoi faire avec le ballon, on ne sait pas comment défendre correctement." Un membre du staff qui a amené l'équipe à ce constat peut-il redresser la situation ? 

La direction du club semble ne pas avoir vraiment anticipé cette question ni envisagé sérieusement l'"après Solskjaer": elle n'entend éventuellement remplacer Carrick que par un intérimaire qui ne resterait en poste que jusqu'à la fin de la saison, comme si les orientations à long terme pouvaient attendre. En tant qu'ancien milieu de terrain, Carrick aura au moins un avis autorisé sur l'un des secteurs les plus à la peine chez les Red Devils, comme l'a encore montré la prestation catastrophique de Scott McTominay, apparemment pas entièrement remis de la blessure qui l'avait privé de sélection écossaise et qui a concédé un pénalty en première période avant de sortir à la pause.

Emery, fidèle au poste 

Une titularisation à Villarreal de Donny van de Beek, joueur totalement ignoré par Solskjaer mais plutôt bon lors de la seconde période à Watford, serait un premier geste fort. N'ayant de toute façon pas eu le temps de travailler grand chose depuis dimanche, il ne faudra pas s'attendre à de grands chambardements tactiques. Une éventuelle réaction dépendra surtout d'une prise de conscience et de responsabilité des joueurs.

Difficile d'espérer non plus de cadeaux de la part de Villarreal, qui peut lui aussi se qualifier pour les huitièmes s'il efface la défaite 2-1 de l'aller, sur un but de Cristiano Ronaldo au bout du temps additionnel et que l'Atalanta ne gagne pas à Berne. D'autant que le "Sous-marin jaune" aura certainement en tête sa victoire contre Manchester United au bout de la nuit à Gdansk (1-1 a.p., 11-10 t.a.b.) en finale de Ligue Europa, en mai dernier, sous les ordres d'Unai Emery qui a rejeté les récents appels du pied venus de Newcastle pour honorer son engagement. "Le Villarreal CF est ma maison et je suis engagé à 100% dans le club. Honnêtement, je suis reconnaissant de l'intérêt porté par un grand club, mais je suis encore plus reconnaissant de pouvoir être ici", avait-il indiqué début novembre, pour contrer les rumeurs qui l'envoyaient en Angleterre.


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