Toulon et Montpellier se neutralisent

"Changer de club, ça fait se sentir un petit peu plus jeune." Ex-capitaine d’un XV de France avec lequel il vient de s’incliner en quarts de finale de la Coupe du monde au Japon, Guilhem Guirado, désormais jeune retraité international, ouvrait ce samedi à 33 ans le probable dernier chapitre de sa carrière avec son nouveau club de Montpellier. Sacré clin d’œil du calendrier, ses débuts en Top 14 avec le MHR avaient pour cadre… Mayol. Face à Toulon, où le Catalan a joué les cinq dernières saisons.

Dire que le talonneur trentenaire a retrouvé ses jambes de vingt ans depuis trois semaines qu’il a rejoint les Héraultais serait très exagéré. Mais au moins Guirado, en grand professionnel, est-il déjà totalement intégré à ce nouveau collectif capable tenir en respect un RCT qui, au coup d’envoi, reste sur trois succès devant son public (Racing 92, La Rochelle, Bayonne). Il ne manque que l’efficacité, à l’image du jeune centre Arthur Vincent qui va percer par deux fois en première période le rideau toulonnais, mais oublie à chaque fois ses partenaires. Le réalisme, incarné par Anthony Belleau et sa botte (27e, 31e, 40e), est varois avec ce score serré, mais en faveur des joueurs de Patrice Collazo à la pause (9-6).

"Je n'ai plus qu'une seule mission" (Guirado)

Les deux équipes sont réduites à quatorze, suite aux cartons jaunes reçus de part et d’autre par Masivesi Dakuwaqa (33e) et Levan Chilachava (39e), avant de rejoindre les vestiaires. On croit à l’essai dès la reprise quand Gabriel Ngandebe file dans l’en-but depuis son aile. Mais l’action est invalidée par la vidéo et un TMO, contraint d’intervenir sur le terrain en raison d’une liaison radio défaillante et… alors qu’Aaron Cruden s’était empressé de transformer (43e). C’est au contraire Toulon qui fait la différence en balayant la largeur du terrain et en trouvant la faille par son demi de mêlée gallois Rhyss Webb (16-6, 57e).

De quoi libérer… Montpellier, contre toute attente. Sur un mauvais jeu au pied de Louis Carbonel, Vincent, servi par Louis Picamoles, sait du haut de ses vingt ans cette fois, après un nouveau plaquage cassé, servir Anthony Bouthier et lui offrir son troisième essai de la saison (16-16, 63e). Un échange de pénalités plus tard, et les deux équipes vont se quitter dos à dos. Même si on retiendra que Picamoles, pour un geste d’énervement, aura privé Montpellier de la pénalité de la gagne sur la sirène (80e+1). Dommage pour l'exemplarité du capitaine... Guirado peut-il devenir plus qu'un simple soldat au MHR ?