Serie A : L'AC Monza, un promu qui a tout d'un grand

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"Vous voulez savoir? On veut gagner le championnat et aller en Ligue des champions!" Fin mai, le billet pour la Serie A à peine en poche après le succès en barrages d'accession à Pise (4-3 a.p.), Silvio Berlusconi avait maintenu le pied à fond sur l'accélérateur, comme les pilotes du célèbre circuit de la ville lombarde située aux portes de Milan. L'ancien patron du grand AC Milan a depuis rétropédalé en assurant avoir "plaisanté". Mais le message est passé: son Monza ne veut pas être un promu comme les autres, ceux qui n'ont comme horizon que la 17e place - la première synonyme de maintien. 

Fondé il y a 110 ans, le club était en Serie C quand l'ancien président du Conseil italien l'a acquis en 2018, un an après avoir cédé l'AC Milan. Dopé par les investissements de l'homme d'affaires (avec les passages remarqués de Kevin-Prince Boateng et Mario Balotelli), il n'aura mis que quatre ans à rejoindre le gratin du football italien, après être monté en Serie B en 2020. 

Pessina capitaine

Le recrutement estival témoigne des ambitions du patron de 85 ans, attendu à San Siro le 23 octobre pour les retrouvailles avec les Rossoneri qu'il avait emmenés sur le toit de l'Europe lors de ses 31 ans de règne (1986-2017). L'insubmersible "Cavaliere", au centre de nombreux scandales, pourrait revenir au Sénat, ayant annoncé son intention d'être candidat en septembre. Son bras droit Adriano Galliani, 78 ans, chargé de gérer le club au quotidien comme il le faisait à Milan, s'est démené pour attirer plusieurs valeurs sûres italiennes: le gardien Alessio Cragno (ex-Cagliari), le milieu Stefano Sensi (ex-Sassuolo et Inter Milan), l'attaquant Gianluca Caprari (ex-Vérone) ou encore le défenseur Andrea Ranocchia (ex-Inter).

Et à la tête de cette promotion azzurra, avec le brassard de capitaine, un enfant du club: l'ex-meneur de jeu de l'Atalanta Bergame Matteo Pessina, 25 ans, champion d'Europe avec la Nazionale. "C'est quelque chose que je voulais et que les supporters voulaient", a-t-il savouré lors de sa présentation à la presse en juillet. "Pour un garçon comme moi, qui a grandi dix ans chez les jeunes et a débuté chez les professionnels avec Monza, pouvoir jouer en Serie A avec ce maillot est particulièrement motivant. Cela me donne des responsabilités", a souligné l'Azzurro.

Débuts corsés

"Il est natif de Monza, comme moi. Je connais son père et j'ai connu son grand-père... Il a grandi jusqu'à vêtir le maillot de l'Italie (à 14 reprises, depuis novembre 2020, NDLR). Je suis certain qu'il va apporter de l'énergie à l'équipe", s'est félicité Adriano Galliani dans l'hebdomadaire Sportweek. L'activité estivale de Monza, avec en chasseur de têtes sur le marché des transferts l'ex-défenseur de Bastia et de Monaco François Modesto, 43 ans, reconverti dans la détection de joueurs, suscite évidemment des attentes importantes.

Trop? Le promu n'a pas raté ses débuts en Coupe d'Italie en écartant non sans mal une formation de Serie B, Frosinone, en 32e de finale dimanche (3-2). Mais c'est le championnat qui dira rapidement ce que ce nouveau Monza a dans le moteur. Après les débuts à domicile contre le Torino samedi, il est attendu à Naples (2e journée) et chez la Roma (4e j.) avant d'accueillir l'Atalanta Bergame (5e j.) puis la Juventus (7e j.). De quoi rendre Adriano Galliani un peu plus prudent que son gourmand patron sur la grille de départ: "Il ne faut jamais mettre de freins à l'ambition, mais on doit faire un pas à la fois. Aujourd'hui l'objectif serait de faire un bon championnat."


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