Juventus Turin, transition ratée

Et si la Juventus Turin était expulsée du podium de la Serie A ? Cette hypothèse est loin d'être impossible tant la saison du nonuple champion d'Italie en titre est un échec. Troisième à égalité de points avec l'Atalanta Bergame, le club piémontais n'a que deux points d'avance sur le cinquième, Naples. Une preuve que les maux sont profonds dans les rangs de l'équipe entraînée par Andrea Pirlo. Ce samedi dans le derby face au Torino, l'ancien milieu de terrain joue peut-être son avenir. L'élimination dès les huitièmes de finale de la Ligue des Champions a entamé l'immense crédit dont il disposait à l'Allianz Stadium. Il n'a pas réussi à incarner le renouveau espéré à la tête des Bianconeri. Avec lui, la Vieille Dame a échoué à retrouver la seconde jeunesse après laquelle elle court depuis plusieurs saisons. Au contraire même. Les difficultés des dernières saisons ont été mises en exergue par son incapacité à donner de la personnalité et une identité de jeu à son équipe. La solidité défensive n'a pas été suffisante pour conserver un titre remporté pour un petit point la saison dernière. Mais il n'est pas le seul responsable à en croire l'aveu de Giorgio Chiellini. Le défenseur italien a fait un constat implacable lors d'une conférence de presse de la sélection italienne organisée pendant la trêve internationale : « Il ne s'agit pas d'Andrea Pirlo, c'est l'équipe cette année qui n'a pas été à la hauteur. Il y a des problèmes c'est sûr, mais Andrea Pirlo n'en est pas un. C'est la Juventus en général le problème. Je ne pense pas avoir besoin de rajouter quoi que ce soit. »

Plus de progrès depuis 2018 et l'arrivée de Cristiano Ronaldo à la Juventus


La Juventus Turin a été dépassée par une concurrence accrue. En plus de se heurter à un plafond de verre continental, voilà que l'hégémonie nationale de la Juve touche désormais à sa fin. Ni Maurizio Sarri, ni Andrea Pirlo n'ont réussi à relancer un groupe dont les progrès ont été limités depuis la dernière saison du mandat de Massimiliano Allegri. Cette instabilité nouvelle sur le banc de touche prouve les difficultés actuelles du club piémontais. Elle a surtout été vaine pour aider une équipe dont les cadres sont vieillissants et les nouveaux-venus pas toujours au niveau. Dans une institution qui peine à sortir des joueurs de son centre de formation, les jeunes qui sont sensés incarner l'avenir sont en difficulté. Arthur, Dejan Kulusevski, Federico Bernardeschi ou Paulo Dybala n'ont pas réussi à se démarquer cette saison. Aujourd'hui, il y a un gouffre entre les anciens et la jeune génération que Cristiano Ronaldo d'un côté et Federico Chiesa de l'autre n'arrivent pas à combler. Pour recruter le quintuple Ballon d'Or en 2018, la Juventus Turin a sacrifié l'idée d'un collectif fort et n'a pas réussi à compenser en réalisant des coups à moindre coût. Sur le marché des transferts, les réussites comme Weston McKennie sont trop peu nombreuses. Après une longue domination, la Juve doit se préparer à une période de transition. Et une saison terminée en dehors du podium de la Serie A pourrait être le meilleur moyen de se rendre compte de l'ampleur de la tâche à venir...

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