Les Bleus face à la sinistrose

C’est le retour de Marcatraz. Sous le crachin, le cocon de Marcoussis a retrouvé plus que jamais ses airs de prison à ciel ouvert au rythme des sorties ratées des Bleus. Le lieu de vie de ce XV de France, qui inspire aujourd’hui au mieux la défiance, au pire une complète indifférence, ne laisse, il faut bien le dire, en rien transparaître ce fameux plaisir avec lequel Thierry Dusautoir et ses coéquipiers seraient censés renouer ce samedi, au Stade de France, face aux Gallois. La bulle dans laquelle se calfeutrent Philippe Saint-André et ses troupes, pour échapper aux mauvaises ondes, est de plus en plus sinistre.

Et le climat, de plus en plus délétère, autour de cette équipe n’est forcément pas neutre. "Il faut savoir les écouter, il y a toujours des experts qui n’y connaissent pas grand-chose…", lance l’ailier Sofiane Guitoune, sourire pincé. Entre les critiques des anciens, qui ne reconnaissent plus l’équipe de France, et l’incompréhension des supporteurs, déçus depuis trois ans maintenant que PSA a pris les rênes des Bleus, la chape de plomb au-dessus de ce collectif tricolore pèse toujours un peu plus. Alourdie encore par les dernières accusations sur l’existence de supposées pratiques dopantes organisées depuis de nombreuses années jusqu’au sein du XV de France. N’en jetez plus ! "Ne vous inquiétez pas, ça n’a pas perturbé notre semaine", assure Brice Dulin. A écouter la majorité d’entre eux, les pensionnaires de Marcoussis seraient hermétiques à ce contexte.

Dulin n'entend rien

"C’est sûr que lorsqu’un joueur est pointé du doigt chaque semaine, ça peut être difficile", reconnaît l’arrière du Racing, plutôt épargné jusqu’à présent du fait de son indisponibilité en novembre dernier et en début de Tournoi, à laquelle l’ancien Castrais mettra fin ce samedi. Sans se soucier des commentaires. "Je ne vous ai jamais écoutés que ce soit dans les bons moments ou les mauvais, donc ça ne me pose pas de problèmes." Une posture habituelle par gros temps, chez le sportif de haut niveau, qui en réalité encaisse avec plus ou moins de facilité…

"La critique peut être un peu forte, et certains peuvent y porter plus d’attention que d’autres, ça peut les marquer et après, ça les bride un peu", explique Yoann Maestri qui, au Stade Toulousain, cette saison, prend aussi sa part de critiques. "Nos résultats n’ont pas été positifs ces dernières années et ça a peut-être apporté une pression supplémentaire chez certains. La confiance, c’est quand même important pour développer du jeu, surtout pour nos lignes arrières." Le fameux dernier geste, qui manque et désespère tant chez ces Bleus, subit-il les conséquences de cette pression extérieure ?

"Il y aura toujours des critiques et c’est normal. Vous êtes très pointilleux, mais on l’est aussi… Il y a toujours des choses qui n’iront pas, on est là pour les gommer, assure Dulin, que ce débat semble dépasser : Si on se pose des questions et qu’on se bride parce qu’il y a une pression ou une attente par rapport aux résultats, on n’y arrivera pas." Une réalité pourtant persistante.  


>