Le premier match du reste de leur vie

Reuters
Roberto Mancini l'avait prophétisé avant d'affronter l'Espagne : sa Squadra Azzurra allait bien finir par perdre un match. Ce qui n'a pas loupé. Après 37 rencontres consécutives sans défaite, l'Italie s'est inclinée à la maison devant la Roja (1-2) en demi-finales de Ligue des Nations. Une première depuis plus de trois ans et ce revers amical chez les Bleus, au Stade de France, juste avant le Mondial 2018 (3-1). La non-qualification des Italiens pour la compétition en Russie avait d'ailleurs été le point de départ pour le nouveau sélectionneur, qui a donc réussi tout ce que l'on sait en l'espace de trois ans. Mais si les champions d'Europe venaient à perdre une deuxième fois dimanche, devant la Belgique ? Cette finale pour la troisième place a peut-être plus d'enjeu qu'elle n'en a l'air, au moins pour le pays hôte.

Roberto Mancini annonce pourtant qu'il va insuffler du sang neuf pour "donner à d'autres joueurs l'opportunité de prouver leur valeur, c'est important". Le sélectionneur lance aussi l'argument du classement FIFA pour maintenir sa position. On croit plus à la volonté de ne pas trop inverser la dynamique, alors que la qualification pour le Mondial au Qatar est tout sauf assurée pour l'Italie. La Suisse ayant battu l'Irlande du Nord samedi, tout porte à croire qu'il y aura bien une finale pour la première place le mois prochain face aux Helvètes, qui passeraient en tête même en cas de nul (sauf un 0-0). Le spectre de 2018 pourrait-il très vite revenir hanter nos voisins transalpins et les contraindre à se rabattre sur un barrage, celui-là même qui avait conduit à leur perte il y a quatre ans contre la Suède ?

"On s'est engagés sur une belle voie et il faut continuer, rassure Roberto Mancini. Nos jeunes joueurs peuvent encore évoluer ensemble durant cinq ou six ans. J'étais très fier d'eux contre l'Espagne. Les affronter à dix, c'est la pire des choses, mais on a réussi à être compacts et même à marquer. On pouvait perdre 4-0 ou 5-0, mais on a été très bons." Jorginho, également passé en conférence de presse, appuyait les propos de son coach, en assurant de la motivation des siens pour cette troisième place à domicile. Le milieu de terrain de Chelsea, candidat de plus en plus déclaré au Ballon d'Or, estimait aussi qu'il avait trouvé son équipe moins en difficulté mercredi que lors de la demi-finale de l'Euro face à l'Espagne. Pas d'inquiétude, donc.

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