Marseille : Igor Tudor, le rôle du méchant

AI / Reuters / Panoramic

"Les sifflets ? On a gagné (4-1 contre Reims), alors peut-être que ça nous a porté chance. Si c'est toujours comme ça, je suis content", a assuré jeudi l'intéressé, totalement imperturbable. La bronca du Vélodrome avant le match contre Reims était venue sanctionner un été chaotique, entre matches amicaux extrêmement pauvres et échos d'une relation parfois difficile entre le très strict nouvel entraîneur et certains joueurs.

A des degrés divers, Gerson, Cengiz Under ou Jordan Amavi ont ainsi subi la colère du géant croate (1,93m), aussi rude sifflet et chronomètre autour du cou qu'il l'était en tant que défenseur de la Juventus. Certains joueurs proches de son prédécesseur Jorge Sampaoli regrettent alors le côté plus protecteur de l'Argentin, même si les médias du club diffusent une vidéo de Tudor embrassant Dimitri Payet sur la tête et lui assurant que tous les efforts fournis sont "bons pour lui".

"On ne rouspète pas "

Au club, on s'efforce en effet de lisser un peu cette image à mi-chemin entre l'ogre et le père-fouettard, en assurant que si l'ancien coach du Hellas Vérone impose une discipline "à l'italienne" sur le terrain, il est "assez souple" par ailleurs. "En dehors du terrain, il est plutôt bonne pâte. Mais il endosse un costume très particulier quand arrive l'entraînement. Il est très exigeant, il croit à la rigueur et à la discipline. On ne lève pas les yeux au ciel, on ne rouspète pas, c'est comme ça. Et c'est vrai que les mecs sont bien essorés", a ainsi expliqué à l'AFP une source au sein de l'OM.

Le départ précipité de Maura Camoranesi, son "bras droit" qui n'a tenu qu'une semaine, n'a pas arrangé les choses et, pour éviter la surchauffe, le président Pablo Longoria a choisi de réunir ses troupes. Le dirigeant espagnol a rappelé que le choix de Tudor était le sien et celui de son directeur du football Javier Ribalta, et que chacun devait désormais rester à sa place et penser exclusivement à l'OM. Moins tumultueuse, la suite de la préparation n'a pas été brillante pour autant, avec une série de mauvais résultats ayant conduit aux fameux sifflets du Vélodrome, inédits pour un coach qui ne comptait pas encore le moindre match officiel avec l'OM.

"Dans le dosage"

Depuis, l'ambiance semble plus apaisée et l'OM fait davantage parler pour son mercato que pour les péripéties des séances de travail à la Commanderie. Les deux matches disputés, contre Reims (4-1) puis à Brest (1-1) n'ont quant à eux pas apporté de réponse définitive sur les bienfaits de la méthode Tudor. Jeudi en conférence de presse, Valentin Rongier est tout de même venu rappeler que le travail de l'été pesait encore. "Ça a été une grosse préparation, avec une méthode complètement différente et il a fallu digérer. On est encore dans le dosage", a expliqué le vice-capitaine.

L'ancien Nantais a aussi jugé que le programme des matches amicaux, établi par le staff précédent et très relevé, n'était "pas forcément adapté à cette préparation". Interrogé jeudi sur sa méthode et ses effets, Tudor a quant à lui eu un demi-sourire. "La préparation a été normale, mais très courte. On a travaillé, ni plus, ni moins. On n'a même pas eu le temps de travailler comme j'aurais aimé", a-t-il dit. "Ça a été très court, donc d'après mon expérience, ça n'a pas été parmi les plus dures", a-t-il ajouté. Ceux qui seront encore là l'été prochain sont prévenus.


>