Puyol, plus qu’un capitaine

Il a été un des premiers à l’appeler. Incarcéré au Paraguay pendant plus d’un mois pour une affaire de faux passeports, Ronaldinho, sorti de prison mardi pour être assigné à résidence, avait tout de suite pu compter sur le soutien de son ancien capitaine au FC Barcelone, Carles Puyol. Celui-ci a longuement pu converser avec son ex-coéquipier, pour lui remonter le moral. Car il n’a pas changé, Puyol. L’homme aux 593 matchs avec le Barça, son club de toujours, a l’altruisme chevillé au corps. Comme le don de soi. Une scène, dans laquelle son partenaire brésilien était d’ailleurs impliqué, résume assez bien le personnage.

En 2005, il avait été giflé par un défenseur de Majorque, Sergio Ballesteros. Mais au lieu de chercher à se venger, il avait empêché Ronaldinho de le faire à sa place ! Un exemple de fair-play parmi tous ceux qui ont jalonné sa longue carrière, comme lors de ce Clasico disputé à Madrid, en 2013. Alors que Gerard Piqué avait reçu un briquet jeté par les supporters adverses et voulait le donner à l’arbitre, Puyol lui avait arraché des mains pour l’envoyer hors du terrain, comme si rien ne s’était passé.

Une classe unanimement reconnue, même par les aficionados de l’éternel rival merengue, et encore plus au sein du club catalan, évidemment. Pep Guardiola et surtout Eric Abidal l’avaient ainsi particulièrement soulignée après la conquête de la Ligue des champions 2011.

Un palmarès incroyable

Alors qu’il aurait dû recevoir le trophée des mains de Michel Platini, l’ancien président de l’UEFA, Puyol avait donné son brassard au Français, de retour sur les terrains quelques semaines plus tôt après avoir été opéré d’une tumeur du foie, pour qu’il soulève la coupe à sa place.

Le geste avait été salué à sa juste valeur, pour la troisième et dernière victoire dans la compétition de celui qui est surtout l’un des plus grands défenseurs du l’histoire du Barça et de la sélection espagnole, avec un palmarès incroyable : 3 Ligues des champions, 6 Ligas, 2 Coupes d’Espagne, 2 Coupes du monde des clubs, 2 Supercoupes de l’UEFA et 6 Supercoupes d’Europe, plus une Coupe du monde, un Euro et une médaille d’argent olympique !

Un infranchissable dernier rempart qui avait été trimballé à tous les postes lors de sa formation, avant d’être lancé par Louis van Gaal chez les professionnels en tant qu’arrière droit. Ce guerrier-né, qui a fini par glisser dans l’axe, avec le bonheur que l’on sait, avait bien failli quitter le seul club qu’il ait connu en 1998. Mais il n’avait pas voulu être transféré à Malaga, persuadé qu’il pourrait s’imposer au Barça.

Un club blaugrana qu’il a refusé de retrouver en septembre dernier, alors qu’on lui proposait de devenir directeur sportif. Mais le moment n’était pas encore venu pour Puyol, soutien de Victor Font, ancien vice-président et opposant au très contesté président Bartomeu, et qui vient de démissionner avec cinq autres dirigeants. Son nom a en tout cas été cité par Xavi, candidat au poste d’entraîneur et qui aimerait que son ancien complice fasse partie de l’aventure avec lui. Entre Carles Puyol et le Barça, l’histoire est donc loin d’être finie.


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