Osasuna, la troisième force basque

Lorsqu'on parle d'institution typique au Pays Basque, on pense naturellement à Bilbao ou la Real Sociedad. Pourtant, c'est bien Osasuna qui est le meilleur représentant de la région en ce début de saison, cinquième après trois victoires de suite (meilleure série en cours de Liga) dont la dernière à Villarreal (1-2). Son parcours à l'extérieur est tout simplement parfait : quatre victoires en autant de matchs, record dans l'histoire du club. Le respect des valeurs est au moins aussi honorable qu'ailleurs à Pampelune, où l'effectif ne se compose d'aucune star et de seulement trois joueurs étrangers sur 25 - les attaquants argentin Chimy Avila et croate Ante Budimir, le milieu serbe Drako Brasanac. Adepte d'un pressing tout-terrain, cette équipe ne lâche jamais.

Quatre des cinq succès d'Osasuna, dont les trois derniers, ont ainsi été arrachés à moins de cinq minutes de la fin : à la 94eme à Cadix (2-3), à la 88eme à Majorque (2-3), à la 91eme devant le Rayo Vallecano (1-0) et enfin à la 86eme la semaine passée à Villarreal. C'est aussi la marque de fabrique de l'entraîneur Jagoba Arrasate. Ancien adjoint puis successeur de Philippe Montanier à la Real Sociedad, le technicien local a fait remonter Osasuna en 2019. Pas question pour le directeur sportif, Braulio Vazquez, de ne pas le soutenir au coeur de la saison dernière, quand le club était avant-dernier au mois de janvier après douze matchs sans victoire : "Ce bateau arrivera au port ou il n'y arrivera pas, mais ce sera avec le même capitaine jusqu'à la fin."

Sans aller jusqu'à s'amuser, la croisière a tout de même brillamment rejoint son quai en finissant onzième, et navigue désormais vers des eaux si douces... Certes, c'est dans la deuxième partie de la phase aller que le calendrier va devenir démentiel pour Osasuna, avec dès la semaine prochaine un enchaînement Real Madrid - Séville - Real Sociedad - Atlético, puis le Barça le 12 décembre. En attendant, quoi qu'il advienne, les points et la confiance déjà pris ne sont plus à prendre. Arrasate est devenu l'entraîneur au plus petit pourcentage de défaites dans l'histoire du club (35%, 30 défaites en 85 matchs de Liga). Jamais Osasuna n'avait aussi bien démarré un championnat depuis sa quatrième place en 2006.

L'ancien gardien du cru, Juan Carlos Unzué (devenu ensuite entraîneur), atteint de la maladie de Charcot, vient de toucher les joueurs au plus profond en délivrant un discours fort dans le vestiaire : "Quand vous passez une mauvaise journée et que vous n'en voulez plus, pensez à moi. Il y a moins d'une semaine, je jouais comme vous, désormais je suis en fauteuil roulant. Je me suis toujours investi à fond dans tout ce que j'ai tenté, ce qui m'aide à gérer la maladie de manière beaucoup plus calme." Osasuna, c'est aussi le club qui a prolongé cet été son milieu de terrain Jon Moncayola pour... dix ans. Osasuna, c'est définitivement un club qui mérite l'attention.

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