Griezmann, adoubé par les techniciens

Reuters

"Il existe différentes façons de voir le football. Il est clair que je suis un joueur différent de Cristiano, Messi, Neymar ou Mbappé", expliquait Antoine Griezmann, il y a un peu moins d'un an, à l'heure où il espérait pouvoir postuler au Ballon d'or 2018 et estimait pouvoir s'asseoir à la même table que les stars portugaise et argentine de la discipline. Une prise position qui n'avait pas manqué de faire des vagues à l'époque, suscitant plusieurs réactions indignées. Comment ce Français aux lignes statistiques et au palmarès bien moins impressionnants que CR7 ou "la Pulga", aux gestes techniques bien moins déroutants que "Ney", pouvait-il ainsi oser se placer aussi haut dans la hiérarchie ?

Il est vrai que l'ancien joueur de la Real Sociedad a toujours inscrit une vingtaine de buts par saison en Liga, tombant même à 15 unités au cours du précédent exercice. Pourtant le FC Barcelone a misé 120 M€ sur lui, dans le but notamment de retrouver les sommets européens. Comment expliquer une telle décision, si le champion du monde 2018 n'est pas aussi bon qu'il prétend l'être ? Peut-être parce que son vrai niveau de jeu ne relève pas du spectaculaire, tout simplement... "Au Barca, il sera dans un contexte encore meilleur, entouré de joueurs de qualitéOn comprendra mieux sa valeur", assure Roberto Donadoni, ancien sélectionneur de la Squadra Azzurra, dans les colonnes du France Football publié ce mardi.

Un son de cloche repris par l'illustre Arrigo Sacchi, l'homme qui avait révolutionné le football transalpin à la fin des années 80, du côté de l'AC Milan. "Moi, comme entraîneur je l'aurais pris dans mon équipeIl y en a certains qui sont plus célèbres que lui, mais je ne les aurais pas pris. Je le répète, c'est un grand joueur. Il pense que l'équipe et le jeu sont le plus important", abonde-t-il. " Il mériterait davantage de reconnaissance. Son transfert au FC Barcelone va sans doute l´aider à pouvoir changer la donne et à combler son déficit médiatique par rapport à ces stars", renchérit pour sa part Ottmar Hitzfeld, passé notamment par le banc de touche du Bayern Munich. Suffisamment pour se prendre à rêver de nouveau à la conquête d'un Ballon d'or ?