Un quart en trompe-l’œil pour la Pologne ?

Panoramic

Première qualifiée pour les quarts de finale, la Pologne est une demi-surprise à ce niveau de la compétition. Avec certaines individualités de qualité à plusieurs postes-clés, la sélection d'Adam Nawalka s’en remet trop souvent aux éclats de ces dernières pour obtenir les résultats qu’on lui connaît. Si le résultat brut laisse transparaître un objectif tenu, la manière de jouer de cette sélection polonaise laisse de gros doutes sur sa véritable valeur collective et donc par conséquent sur la valeur de cette performance.

Une attaque balbutiante

Avec un buteur de la trempe de Robert Lewandowski, la Pologne ne peut pas afficher un bilan de 3 buts en 4 matchs sans une seule réalisation du buteur du Bayern Munich. Aligné en pointe avec Milik, il ne semble pas épanoui. Son compère d’attaque paraît également emprunté et mal à l’aise dans le schéma imposé. Est-ce dû uniquement à la mésentente criante entre les deux buteurs ou à un manque de liant entre le milieu de terrain et l’attaque ? En voyant le match face à la Suisse, on est en droit de penser que les torts sont partagés.

Le 4-4-2 utilisé avec deux milieux excentrés sans meneur de jeu permet aux polonais de profiter des bons jeux de tête de Milik et Lewandowski. Le souci est le nombre famélique de centres pour ces deux là (15 centres en 120 minutes face à la Suisse). Pour jouer dans un autre registre, les clés du jeu sont confiées à Krychowiak. On adore l’ancien rémois mais il n’est aucunement un meneur de jeu, ni même l’homme de l’avant-dernière passe. Sans véritable plan B tactique, cette sélection est prévisible dans le jeu offensif. Blaczykowski a masqué certaines carences dans le jeu polonais, la défense a fait le reste en encaissant qu’un seul but en 4 matchs.

Un bilan collectif moyen

Sur l’ensemble des rencontres disputées par la Biało-czerwoni, on constate 2 victoires et deux nuls. Un bilan positif mais flatteur. A aucun moment, on a senti une équipe sereine et sûre de son football. Elle a assuré aux moments-clés, elle n’a pas failli quand le bateau a tangué. Une équipe solide mais pas brillante. Une formation de Ligue 1 coachée par René Girard en gros… On exagère à peine. Lorsqu’on a des Lewandowski, Milik, Blaczykowski, Piczek, Krychowiak voire Glik et les 3 gardiens (Sczezny, Fabianski et Boruc), on doit être capable de proposer autre chose qu’un jeu de contre-attaque rudimentaire.

Le quart de finale prévu contre le Portugal va peut-être leur permettre de jouer libéré car ils ne seront pas favoris et ils ont déjà réussi leur Euro en atteignant ce stade de la compétition. Le jeu des Portugais est plus élaboré offensivement mais largement semblable à ce que l’on a vu de la Pologne. L’opposition risque d’être fermée, tout ce qu’adore la Pologne. Pour une place dans le dernier carré, il faudra montrer davantage que les frappes ratées de Lewandowski, les décalages ratés de Krychowiak et les percées dans le vide de Grosicki. Sous peine de rester à la porte de l’histoire pour la meilleure génération polonaise depuis 30 ans…

J. Panizzoli