Poutine ne charge pas les hooligans

Présent au Forum économique de Saint-Pétersbourg ces derniers jours, Vladimir Poutine n'a pu éviter les questions de la presse internationale sur des sujets annexes. En particulier sur le comportement des ressortissants de son pays lors de l'Euro 2016, notamment leurs raids d'une violence inouïe à Marseille. Le président russe a eu du mal à dissimuler une pointe d'ironie dans ses propos, après avoir toutefois condamné les bagarres entre hooligans russes et anglais. "Ces combats, c'est vraiment n'importe quoi... En revanche, je ne comprends pas comment 200 de nos supporters ont pu passer à tabac plusieurs milliers d'anglais...", a-t-il lancé dans des propos relayés par le Huffington Post.

Le simple fait que Poutine considère les auteurs de ces exactions comme des supporters et non comme des hooligans peut paraître ambigu mais s'explique assez facilement. Si plusieurs individus concernés ont été condamnés à des peines de un à deux ans de prison ferme en France, 23 belligérants sont encore détenus et vont être expulsés dans les prochains jours. Parmi eux, Alexandre Chpryguine, le chef de la délégation des supporters russes pendant cet Euro, et membre éminent du parti d'extrême-droite avec lequel Vladimir Poutine a effectué un rapprochement politique ces derniers mois. Chpryguine a été aperçu en compagnie de Poutine il n'y a pas si longtemps et les relations entre les deux hommes sont suffisamment bonnes pour que le chef d'état slave modère ses propos à son sujet...