Retour sur le chef d’oeuvre italien

Panoramic

Avant cet alléchant 8ème des finale entre l’Italie et l’Espagne, les experts penchaient vers une victoire difficile de l’Espagne. En dépit d’une défaite face à la Croatie et le parcours séduisant des italiens, l’impression donnée par les partenaires d’Iniesta semblait plus forte et plus dangereuse que cette Squadra Azzurra au pressing usant physiquement. Mais sur le terrain, on a vu totalement autre chose.

Un début de match de haute volée

Positionnés dans leur 3-5-2 désormais habituel, les italiens ont très vite pris la direction des opérations. En refusant de laisser obligatoirement à son adversaire du jour, ils ont littéralement surpris les espagnols. Ces derniers, peu habitués à éprouver des difficultés à poser le jeu, ont semblé jouer au ralenti une bonne partie de la rencontre. Les fameux décalages, ainsi que les dédoublements étaient invisibles. Au regard de la débauche d’énergie fournie par les hommes de Conte, il était logique de voir la Seleccion galérer pour se rapprocher des buts de Gianluigi Buffon.

En revanche, constater que les meilleurs opportunités dans le jeu aient été italiennes  semblait anormal aux attentes initiales. A chaque incursion dans les 30 derniers mètres espagnols, les italiens trouvaient les décalages, enchaînaient les passes courtes pour mieux perforer le dernier rideau défensif. Sans un De Gea de haute volée, la rencontre aurait été pliée avant la pause. Mais le portier Manchester United sortait le grand jeu avec pas moins de 4 parades décisives. Cependant, Chiellini avait profité d’un ballon relâché par le gardien pour ouvrir le score. 1-0 à la mi-temps mais quelques regrets persistaient. Car avec un seul but d’avance face à la machine espagnole, il sera dur de tenir le cap.

Une réaction timide des espagnols trop tardive

Le jeu italien pratiqué demande une débauche d’énergie de dingue. En courant en moyenne 10 kilomètres de plus que ses adversaires, la sélection italienne quadrille parfaitement le terrain. Pourtant, ces efforts indispensables au 3-5-2 de Conte pompent un maximum d’énergie à ses joueurs. Difficile dans ces conditions de tenir le rythme durant 90 minutes. Pourtant, même si le bateau a été chahuté, il a tenu bon son cap. Grace à un Buffon toujours aussi rassurant, ils n’ont pas encaissé de but. Pique leur a fait peur, Ramos idem mais le tableau d’affichage est resté bloqué à zéro coté espagnol. Et dans le temps additionnel, Pelle a même donné davantage de relief à cette victoire historique des italiens.

En éliminant le champion d’Europe en titre, l’Italie a frappé un grand coup dans cet Euro 2016. Evidemment, il va y avoir plus de pression sur elle. Les performances ont donné des raisons d’y croire aux tifosi. Cependant, si cette sélection est favorite, elle perd son football. En revanche, le statut d’outsider lui va à merveille. Avec l’Allemagne au programme en quart, elle va donc retrouver son costume préféré. Suffisant pour se qualifier? Pas sur. Voire même très difficile. Les allemands donnent la sensation de monter en puissance. Le jour de repos en plus va leur servir positivement. Au delà des considérations sur les temps de récupération, il y a davantage de talent dans la sélection de Joachim Low que dans celle de Conte. Mais entre une équipe qui a déjà réussi son Euro et une autre qui le débute, il peut y avoir des surprises. Enfin, n’oublions pas que depuis 2006, les allemands se sont rencontrés deux fois en compétition internationale avec deux victoires italiennes à la clé.

Au suivant ?

Il y a quelques semaines, on se posait la question du véritable niveau de cette Squadra Azzurra. Sans y avoir répondu totalement, l’Italie a donné plusieurs signes positifs quant à la qualité de ce groupe. Conte faisant le reste avec son inimitable charisme et sa tactique huilée. Elle nous a charmé contre la Belgique. Elle a repoussé ses limites face à l’Espagne. On est donc en droit d’attendre l’incroyable samedi soir…

@jajaye


>