Deschamps « pas prêt » d’oublier les propos de Benzema

AFP

Il y a cinq ans, et alors que se profilait l’Euro à domicile, Karim Benzema avait mal digéré sa mise à l’écart de la liste des 23 Tricolores. Évincé à cause de l’affaire de la sextape, l’attaquant du Real Madrid s’était lâché dans la presse espagnole en confiant que Didier Deschamps avait « cédé à la partie raciste de la France ».

Le coach des Bleus a peu goûté à ses propos incendiaires. Et ça l’a touché à plus forte raison lorsque sa maison à Concarneau avait été taguée avec le mot « raciste ». Depuis, il a définitivement coupé les ponts avec l’ancien Lyonnais. Malgré la pression extérieure, il a continué à ignorer le joueur, lui faisant notamment manquer le Mondial victorieux en Russie.

 

Deschamps « subit les conséquences » des propos de Benzema

 

On dit que le temps est un remède à tout, mais Deschamps n’est pas encore enclin à passer à l’éponge. C’est ce qu’il vient de déclarer dans un entretien accordé à la radio RTL. « C’est une trace, a-t-il affirmé. Même si avec le temps ça s’apaise un peu, je ne peux pas oublier. Ce n’est pas lié qu’à Karim Benzema. Il y a des déclarations d’autres personnes aussi qui ont amené à ce fait violent et qui touche à ma famille. Quand ça me concerne sur mes choix de sélectionneur, la tactique, l’aspect technique, ça a lieu d’être et ça n’a pas d’importance. Là, ça franchit la ligne blanche. Ça touche mon nom, ma famille. Pour moi, c’est inacceptable. Tenir certains propos, ça amène forcément à une agressivité verbale ou physique. J’en subis les conséquences. On ne peut pas oublier. Je ne peux pas oublier. Je n’oublierai jamais. »

En mentionnant les déclarations d’autres personnes, Deschamps fait certainement référence à celles tenues par Eric Cantona à l’époque. Son ancien coéquipier en Bleu lui avait reproché, en creux, d’être discriminatoire dans ses choix de sélection : « Une chose est sûre, Benzema, et Hatem Ben Arfa, ce sont les deux meilleurs joueurs en France et ils ne joueront pas à l'Euro, avait déclaré l’ex-idole de Manchester United dans un entretien au Guardian. Ce qui est certain également, c'est que leurs origines sont nord-africaines. Donc oui, le débat est ouvert ». Deschamps a saisi la justice pour cette attaque verbale, mais il a été débouté.

Cette dernière interview de Deschamps vient étayer la thèse évoquée dernièrement par Philippe Tournon, l’ancien chef de presse de l’équipe de France. Ce dernier avait fait savoir que la raison pour laquelle le sélectionneur continue de tourner le dos à Benzema est d’ordre purement personnel.


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