Lyon, c'est l'Amérique !

Reuters

Ce n’est pas faire injure à Corinne Diacre et à ses joueuses que de l’affirmer : non, les Bleues n’ont pas perdu une finale avant l’heure vendredi dernier, au Parc des Princes. Le choc entre l’Angleterre et les Etats-Unis, les deux équipes victorieuses de leurs cinq premiers matches (avec les Pays-Bas) et les plus séduisantes dans le jeu depuis le début du tournoi, a autrement mérité d’’être considéré comme une finale. Même si à la fin, c’est bien l’ogre américain qui jouera la vraie dimanche, au Parc OL (17 heures).     

On n’ira pas jusqu’à dire que les Françaises n’avaient pas leur place dans ce dernier carré à Lyon. Mais quel niveau de jeu entre l’équipe européenne qui monte et la référence US ! Heureux le public lyonnais déjà gâté à longueur de saison par son équipe féminine, et qui a pu assister ce mardi au meilleur match de la compétition. Sans contestation possible.

Plafond de verre pour l'Angleterre 

Devant une nouvelle affluence record en France (*), les Three Lionesses ont non seulement été à la hauteur des stars américaines, qui se payaient le luxe au coup d’envoi de laisser Megan Rapinoe - et ses deux doublés en huitième puis en quart de finale - sur le banc des remplaçantes, tout comme Samantha Mewis que remplace Lindsay Horan. Résultat : Christen Press supplée à merveille de la tête Rapinoe avec un sixième but américain inscrit dans les quinze premières minutes (0-1, 9e). Et Horan délivre une merveille de ballon pour la tête également d’une Alex Morgan retrouvée pour redonner l’avantage à son équipe (1-2, 31e).

Parce que l’équipe de Phil Neville avait su relever le gant et égaliser par l’inévitable Ellen White, qui tenait le match dans le match avec Morgan d’un sixième but personnel (1-1, 19e). La suite, c’est un copié-collé, ou presque, du quart de finale des Bleues avec des Américaines, qui plient, passent à cinq derrière, mais ne vont pas rompre, malgré la nouvelle égalisation de White. Quelle finisseuse, qui croit en son doublé, après s’être infiltrée entre les deux défenseuses adverses. Mais le VAR intervient pour invalider le but pour un hors-jeu  très limite, mais bien réel (67e).

White qui réclame encore le penalty que le VAR va finir par prendre le soin de vérifie. Durant cinq longues minutes. Mais à raison, puisque l’attaquante a bien été empêchée d’armer sa reprise au niveau du point de penalty (79e). Seulement Stephane Houghton, qui se présente pour égaliser, bute sur Alyssa Naeher, partie du bon côté (84e). C’est le troisième penalty raté par les Anglaises dans la compétition ; celui-là vaut très, très cher…  C’en est même trop pour cette valeureuse équipe anglaise, qui finit à dix quand  Millie Bright, pour une semelle sur Morgan, récolte un second carton jaune, synonyme d’expulsion (86e). Une cinquième finale – la 3e de rang, du jamais vu ! - tend les bras aux Etats-Unis. Imbattables, ou presque.     

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 (*) 53 512 spectateurs avaient pris place dans les tribunes du Parc OL.