Les Bleues n'ont pas été gâtées

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On ne peut pas dire qu’on n’était pas prévenus… Le scénario était même écrit de longue date, dès le tirage de cette phase finale de la Coupe du monde en France. Il n’y a bien que pour le président Le Graët, interrogé sur Canal+, que "ce n’était pas prévu de rencontrer les Etats-Unis en quarts de finale". Le choc, aux allures de finale avant l’heure, était programmé et ça n’a pas raté: les Bleues, opposées dès les quarts de finale aux triples championnes du monde américaines, se sont frottées à la redoutable bande de Rapinoe. Pour le résultat fatal que l’on sait, avec cette défaite honorable certes (1-2), mais qui met un terme brutal au parcours des joueuses de Corinne Diacre.

Et si l’on interroge depuis vendredi soir pour savoir s’il y avait ou non la place face à cette armada US pour permettre à Amandine Henry et ses coéquipières de se hisser dans le dernier carré, et rejoindre ainsi le Groupama Stadium de Lyon, une autre question taraude les supporters des Tricolores: comment le pays organisateur a-t-il pu ainsi s’offrir à l’ogre américain aussi tôt dans la compétition, après qui plus est un huitième de finale terrible face au Brésil (2-1, a.p.).

"Dindon de la farce"

On conviendra qu’il était difficile de prévoir que la Seleçao se classerait seulement troisième de son groupe de la première phase. Mais tout de même… D’autres équipes de France, masculines, ont bénéficié de parcours autrement plus protégés lors de grands rendez-vous à domicile. France 98, c’est de notoriété publique, avait tout prévu aussi, mais là pour s’assurer – grâce à "la petite magouille" de Platini… (*) - que Zidane et les siens ne retrouvent le Brésil qu’en finale. Et l’Euro 2016 avait permis aux Bleus de Deschamps de gentiment s’échauffer face à l’Irlande en 8e (2-1) puis face à l’Islande en quart de finale (5-2), avant de « taper » l’Allemagne (2-0)…

"Ce qui rend d’autant plus rocambolesque le tableau final de cette Coupe du monde, estime Geoffroy Garétier, notre confrère de Canal+. Sept nations européennes (en quarts de finale) et c’est la France, nation organisatrice, qui se tape les Etats-Unis. C’est du jamais vu ! (…) J’ai regardé: est-ce que dans le passé de la Coupe du monde, il y a déjà eu ce cas de figure ? Eh bien, non, jamais, à chaque fois le pays organisateur était toujours dans l’autre moitié de tableau… On s’est raté, on s’est raté !, martèle-t-il, tout en s’étonnant des consignes qui, selon Tony Chapron, consultant pour la chaîne cryptée, auraient été passées, avant ces quarts de finale, auprès des arbitres pour une utilisation avec plus de parcimonie du VAR.

"Pourquoi le VAR n’est pas utilisé, comme par hasard, en quart de finale contre le pays le plus puissant du foot féminin, triple champion du monde, tenant du titre ?" Et de conclure : "Nous n’irons pas aux Jeux Olympiques et on peut dire que dans l’histoire, nous sommes les dindons de la farce." 

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(*) Sur France Bleu, Michel Platini, ancien co-président du comité d’organisation de France 98, déclarait 20 ans après le Mondial en France: "Quand on a organisé le calendrier, on a fait une petite magouille. Si on finissait premier du groupe et que le Brésil finissait premier, on ne pouvait pas se rencontrer avant la finale."