Coupe de France : Kolo Muani, le Stade de France pour quitter Nantes en héros

Panoramic

"Ce sera mon dernier gros match au FC Nantes", relève l'attaquant de 23 ans qui, en fin de contrat, s'est déjà engagé à Francfort pour la saison prochaine. "Je vais me donner à fond, j'ai des traces à laisser". Né 15 jours avant Kylian Mbappé en décembre 1998 à Bondy, la ville où le champion du monde a grandi, Kolo Muani a passé son enfance à Villepinte, à 20 km de l'écrin des Bleus. "Je le vois souvent, pour moi c'est un rêve d'y jouer et je vais enfin l'accomplir", sourit-il, ravi de cette finale "à domicile", devant sa famille, ses amis... et 80.000 personnes.  Le faire avec le maillot de Nantes, le seul club qui ait cru en lui quand il avait presque 17 ans, a aussi une saveur douce-amère. "Jouer une finale avec son club formateur, ce n'est pas donné à tout le monde". D'autant que le parcours n'a pas été simple, son apparente nonchalance et son côté tête en l'air, sur le terrain comme en dehors, ayant refroidi plusieurs entraîneurs.

"Qu'il parte comme ça..."

Apparu furtivement en Ligue 1 sous le maillot nantais à l'époque Vahid Halilhodzic en 2018-2019, il a été prêté une saison à Boulogne (National) et ne faisait pas partie des plans de Christian Gourcuff à la reprise en 2020. Un an, 9 buts et 3 entraîneurs plus tard, "RKM" a évité à Nantes la relégation en marquant le but de la victoire en barrage à Toulouse. Après un passage chez les Bleuets pour l'Euro Espoirs et les Jeux olympiques, il a mené sa saison de confirmation avec une maturité toute nouvelle. Certes, le président nantais Waldemar Kita fait la fine bouche, assurant qu'un "grand attaquant" se doit de marquer au moins 15 buts. Avec 13 réalisations cette saison, Kolo Muani n'en est pas loin. 

Kita est surtout amer de voir la pépite s'envoler pour rien. "On l'a éduqué, nourri, logé, on lui a donné une profession. Il est devenu adulte. Et qu'il parte comme ça...", a-t-il déploré cette semaine dans quotidien Presse Océan, persuadé que Francfort avait scellé l'accord depuis déjà deux ans. Selon plusieurs médias, le club s'est surtout montré beaucoup trop chiche pendant trop longtemps dans ses propositions de prolongation. Pourtant, Kolo Muani est encore loin d'avoir la tête en Allemagne. Francfort est finaliste de Ligue Europa et une victoire l'enverrait directement en Ligue des champions, mais il ne s'est intéressé que vaguement au parcours de ses futurs coéquipiers.

"J'y pense, j'en rêve"

Pour l'instant, il parle de loyauté et de reconnaissance envers Nantes et reste très impliqué: toujours à l'écoute dans le vestiaire, jamais avare d'efforts sur le terrain, il épuise les défenses adverses. En pointe ou sur le côté, il ne cesse de provoquer, virevoltant et volontiers altruiste. Très complémentaire avec Ludovic Blas et un Moses Simon en pleine réussite, il reste le dépositaire de tous les espoirs des supporters nantais. Forcément, les rêves se bousculent aussi dans sa tête. D'ailleurs, les Nantais qui assuraient rester concentrés sur le championnat depuis la demi-finale contre Monaco "ont tous menti", rigole-t-il.

"On essaie de ne pas se faire de scénario mais c'est impossible, tu es obligé d'y penser", reconnaît-il. Un but au Stade de France, "c'est comme ça, j'y pense, j'en rêve", ajoute-t-il, tout en rappelant: "On a un collectif large, mes coéquipiers aussi peuvent faire le travail". Ramener la coupe à Nantes serait donc une belle façon de terminer cette histoire. Et en cas de défaite ? "Ça va être un peu compliqué. Mais on a su maintenir le club en L1, on a fait une bonne saison, je pense que je serai fier quand même de partir sur ça".


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