Coupe de France : Nice-Nantes, finale incertaine entre clubs impatients

Panoramic

Pour la première fois depuis 2019, le trophée sera brandi dans un Stade de France à guichets fermés, libéré des restrictions liées au Covid. Près de 80.000 spectateurs, dont la moitié de supporters des Aiglons (19.800) et des Canaris (21.000), sont attendus dans l'enceinte dyonisienne. Les fans se sont pressés à la billetterie pour obtenir ce sésame comme un passeport vers le passé, quand le PSG n'accaparait pas toutes les récompenses. 

L'absence du prédateur de la capitale, qui n'avait plus raté la finale depuis 2014, a ouvert la voie à deux prétendants qui sortent de leur tanière, le ventre vide après une longue hibernation. Nantes, qui n'a plus rien gagné depuis son titre de champion en 2001, va disputer sa première finale depuis celle de la Coupe de la Ligue en 2004, perdue aux tirs au but contre Sochaux (1-1 a.p., 5-4 aux t.a.b.). Nice s'est incliné deux années plus tard contre Nancy (2-1), dans cette compétition aujourd'hui disparue. Son dernier trophée remonte à la Coupe de France 1997, remportée contre Guingamp (1-1 a.p., 4-3 aux t.a.b.).

Nice favori

L'excitation autour de cette rencontre est à la hauteur de l'attente des supporters. "Nous voulons leur donner ce bonheur et cette fierté" de gagner le trophée, a assuré Dante, capitaine des Aiglons. Le "Gym" n'a plus rien à voir avec la génération des Bruno Valencony et Frédéric Gioria titrés il y a 25 ans. Le club a changé de peau en 2019, avec le rachat (100 M EUR) par le géant de la chimie Ineos du milliardaire britannique Jim Ratcliffe. Un trophée validerait les investissements consentis par son propriétaire qui veut faire de la formation azuréenne une habituée des compétitions européennes, même si l'offre en cours de l'homme d'affaires pour acquérir Chelsea a semé le doute sur son engagement, dernièrement.

Visage du projet niçois, l'entraîneur Christophe Galtier, recruté l'été dernier, a transformé l'identité de jeu en y injectant l'ADN défensif qui a fait son succès à Saint-Etienne et Lille. Le PSG s'y est cassé les dents en 8es de finale (0-0, 6-5 aux t.a.b.). Le talent de ses jeunes attaquants, incarné par Amine Gouiri, a pris le relais, contre Marseille (4-1) et Versailles (N2, 2-0) lors des tours suivants. La qualité de leur effectif, toujours en lice pour finir sur le podium en championnat, donne une longueur d'avance aux Niçois, face aux Nantais, qu'ils ont battus deux fois en championnat (2-0 et 2-1).

"Donner sa vie"

Mais c'est oublier le supplément d'âme d'une formation qui a renoué avec son riche passé sous les ordres d'Antoine Kombouaré, ancien joueur des Canaris (1983-1990). Le parcours sans faute de ses joueurs a rappelé de belles images au club, trois fois titré dans la compétition, notamment en 2000, face aux amateurs de Calais (2-1), l'une des finales les plus emblématiques de la Coupe de France. Le technicien kanak, recruté début 2021 pour éviter la relégation, a fait oublier des années de mauvais résultats et de tensions entre ultras et le président Waldemar Kita. "Quand on sait par où on est passé la saison dernière (les barrages, NDLR), il faut vraiment mesurer la chance qu'on a. Bien sûr qu'on a fait le boulot pour arriver là, mais il faut essayer de prendre ça avec légèreté", a-t-il insisté. 

Comme Nice, Kombouaré s'appuie sur la jeunesse de ses cadres, comme le buteur Randal Kolo Muani et le gardien Alban Lafont. "Il faudra être grand, donner sa vie" sur le terrain, a lancé le milieu Wylan Cyprien, passé par Nice. Les Canaris, 9e de L1, peuvent participer à leur première compétition européenne depuis 2004, en cas de victoire. Si le palmarès des clubs est ancien - Nice a été titré en 1952, 1954 et 1997, Nantes en 1979, 1999 et 2000  -, la plupart des acteurs n'ont pas gagné de titre. L'occasion de dépoussiérer un album souvenir où les photos paraissent "vintage"...


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