Indian Wells: Andreescu, l'improbable conte de fées

Reuters

A 18 ans, Andreescu a inscrit son nom au palmarès d'une des épreuves les plus réputées et les mieux dotées (1,3 millions de dollars pour la gagnante) après seulement une poignée d'apparitions sur le circuit féminin.

Plus fort encore, alors qu'elle avait commencé la saison à la 152e place mondiale, elle sera 24e au classement WTA lundi, au terme d'une semaine digne des plus grandes joueuses de l'histoire.

Elle a ainsi imité la reine du tennis féminin, l'Américaine Serena Williams, la seule, avant elle, à avoir remporté le tournoi californien dès sa première participation, en 1999 et à seulement 17 ans.

L'Allemande Angelique Kerber est la dernière victime de la tempête "Bianca", mélange improbable de détermination, de puissance et de sang-froid.

L'ancienne N.1 mondiale, lauréate de trois titres du Grand Chelem, s'est inclinée en trois sets 6-4, 3-6, 6-4 après deux heures et 18 minutes de jeu.

Elle a pourtant cru avoir fait la différence dans la manche décisive en prenant le service d'Andreescu, alors très fatiguée, pour mener 3-2.

Andreescu, né au Canada de parents roumaines, semble au bord de la rupture.

Son épaule droite, bandée depuis le début de la finale, la fait souffrir, au point qu'elle doit demander l'intervention de l'encadrement médical du tournoi.

La chaleur lourde d'Indian Wells (33°C) commence à lui jouer des tours avec des crampes, comme en demi-finales.

Mais dos au mur, elle retrouve son tennis fluide et conquérant du premier set et monte même son niveau d'un cran.
                  
- "C'est fou" -                  
                  
Elle enchaîne neuf points gagnants --14 sur 16 en trois jeux-- et renverse Kerber, complétement médusée et dépassée.

Andreescu, passée tout près de l'élimination dès le 1er tour, mène alors 5-3 et s'offre trois balles de match sur le service de Kerber.

L'Allemande finit par gagner son service avec son jeu de fond de court, très stéréotypé par rapport aux fulgurances de son adversaire.

Mais elle ne peut rien faire dans le jeu suivant et offre la victoire d'un revers dans le filet à Andreescu qui s'écroule par terre, incrédule.

"C'est fou, c'est incroyable, c'est un vrai conte de fées", a admis la nouvelle championne d'Indian Wells.

"J'étais tellement fatiguée, mais j'ai réussi à me mettre +dans la zone+ en fin de match, rien ne pouvait me perturber", a-t-elle expliqué.

Sa fraîcheur n'est pas sans rappeler la Japonaise Naomi Osaka à qui elle a succédé au palmarès à Indian Wells, et qui est devenue depuis N.1 mondiale.

Elle a piqué l'intérêt de la presse en révélant qu'elle méditait depuis l'âge de 13 ans et qu'elle avait ses grigris, sans vouloir en dire plus.

Porte-drapeau d'un tennis canadien en plein renouveau avec chez les messieurs Denis Shapovalov et Felix Auger-Aliassime, Andreescu ne s'emballe pas.

"Ce titre va me donner de la confiance pour le reste de la saison. Je vais essayer de faire de mon mieux, je ne n'ai pas de pression si ce n'est

a pression que je me mets à moi-même. Mais je sais aussi que rien n'est jamais acquis, on ne sait pas ce qui va se passer la semaine prochaine", a-t-elle prévenu.

Il y a tout juste un an, elle disputait un obscur tournoi au Japon et de son propre aveu, elle doutait beaucoup.

"C'est fou tout ce qui peut se passer en un an", a-t-elle souri.