C1 - Juventus-Séville: l'Europe pour oublier le reste

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La chute a été d'autant plus dure qu'il y a quatre mois ils étaient au sommet: la Juventus Turin, vice-championne d'Europe, et le FC Séville, vainqueur de l'Europa League, se retrouvent mercredi en Ligue des champions où ils espèrent laisser derrière eux leur épouvantable début de saison.

Ce match au Juventus Stadium, dans un groupe D particulièrement relevé avec également Manchester City et M?nchengladbach, aurait dû être avant tout un vrai choc entre deux des équipes les plus brillantes de la dernière saison européenne. 

La Juventus a en effet bouclé le dernier exercice sur un quatrième titre national consécutif et une superbe finale de Ligue des champions. Séville de son côté empochait une deuxième Europa League d'affilée et terminait à une jolie 5e place en Liga, à deux points seulement du podium.

Mais mercredi, ce sont surtout le 15e du championnat d'Italie et le 16e du championnat d'Espagne qui vont s'affronter avec l'espoir de retrouver un peu d'allant et de chasser un peu la déprime d'un début de saison pris totalement à l'envers.

Pour la "Juve", le diagnostic est connu. Le club a accepté l'idée d'un changement de cycle avec les départs d'Andrea Pirlo, Carlos Tevez et Arturo Vidal et savait qu'il faudrait du temps pour trouver la bonne formule. Mais peut-être pas autant.

La seule satisfaction du début de saison turinois est la victoire ramenée de Manchester City lors de la première journée de Ligue des champions. Elle aurait dû lancer la machine, il n'en a rien été. Dans la foulée, les coéquipiers de Gianluigi Buffon se sont bien imposés sur le terrain du Genoa, mais ensuite, ils ont enchaîné un nul embarrassant contre le promu Frosinone et une défaite à Naples.

Paul Pogba de son côté a récupéré le N.10, mais il passe à côté de son début de saison. Le Français en fait trop, s'agace souvent, et finalement n'est pas le leader dont son équipe a tellement besoin.

L'entraîneur Massimiliano Allegri est lui aussi sous pression, même si son départ ne semble pas à l'ordre du jour, du moins tant que l'argument des nombreuses absences sur blessure restera valable.

Marchisio, Khedira, Mandzukic: ce sont en effet au moins trois titulaires qui manquent à la Juventus qui, en dehors de l'inusable et impeccable Buffon, compte bien peu de joueurs au niveau attendu. Au point que Mario Lemina, arrivé comme joueur d'appoint, est en train de faire son trou.

- Enfin une victoire -

En face, Séville semble pour sa part vivre un gros contrecoup après ses deux trophées européens.

Comme tous les étés, le club andalou a revendu avec d'appréciables plus-values ses meilleurs éléments, comme le buteur colombien Carlos Bacca (AC Milan) ou le latéral polyvalent Aleix Vidal (FC Barcelone).

Mais les multiples renforts choisis par "Monchi", le réputé directeur sportif sévillan, tardent à donner leur plein rendement, à l'instar de l'Italien Ciro Immobile et surtout de l'ancien attaquant de la Juventus Fernando Llorente, absent mercredi à cause d'un pépin physique.

Car comme à la Juve, le vaste remaniement d'effectif s'est doublé d'une avalanche de blessés: le gardien Beto, les défenseurs Adil Rami, Nico Pareja et Daniel Carriço, le milieu Ever Banega, l'attaquant Gaël Kakuta... 

Difficile dans ces conditions d'afficher le même rendement qu'au printemps ou qu'au mois d'août, lorsque Séville avait poussé le FC Barcelone dans ses retranchements en Supercoupe d'Europe (5-4 a.p.).

Les Andalous, qui ont également bien débuté en C1 avec une victoire 3-0 contre M?nchengladbach, ont été méconnaissables ces dernières semaines, avec seulement deux succès en huit matches officiels et aucune victoire lors des cinq premières journées de Liga. 

Conséquence: Séville était lanterne rouge du championnat jusqu'à la 6e journée ce week-end, où le club andalou a enfin gagné, péniblement, contre le Rayo Vallecano (3-2).

Insuffisant pour parler de guérison. Séville et la Juve sont deux clubs malades et c'est sur la scène européenne qu'ils espèrent trouver le remède.