Éliminé de la Ligue des Champions, l'OM tombe de haut
Battus 3-0 à Bruges et victimes du coup de tête victorieux, à la dernière seconde, du gardien Anatolii Trubin — venu propulser le Benfica Lisbonne en phase de barrages à leur place — les Marseillais ont perdu très gros hier soir.
L’Olympique de Marseille n’aurait pu imaginer un scénario si cauchemardesque. Passés à côté de leur dernier match de classement en Ligue des champions sur la pelouse du Club Brugge (3-0), les Olympiens pouvaient encore espérer se qualifier pour la phase de barrages.
Au bout du suspense, alors que le Benfica devait absolument marquer un but face au Real Madrid pour arracher la 24e et dernière place qualificative aux Phocéens, c’est finalement une tête du gardien lisboète Anatolii Trubin, sur coup de pied arrêté, qui a délivré le club portugais à la 98e minute. Une fois de plus, le Benfica se dresse sur la route de Marseille...
Une équipe encore en quête de repères
Éliminé du top 24 à la dernière seconde, l’OM encaisse décidément les coups durs en ce début d’année 2026, trois semaines après avoir perdu le Trophée des champions d’un cheveu face au PSG.
L’effectif marseillais a jusqu’à présent laissé entrevoir un potentiel extraordinaire, mais s’est surtout distingué par son irrégularité et son manque de concentration en fin de match, une mauvaise habitude qui a énormément coûté depuis le début de saison.
Ce match complètement raté à Bruges a mis d’autres points faibles de l’effectif olympien en lumière, à commencer par le manque de repères d’un collectif qui continue de chercher la meilleure formule après plus de cinq mois de compétition.
Le onze a encore été bouleversé ce mois-ci, entre les retours de longue date du trio Medina–Junior Traoré–Gouiri, celui de Nayef Aguerd, revenu de la CAN, mais aussi la blessure d’Emerson Palmieri. À l’arrivée, le 3-4-3 de Roberto De Zerbi a rapidement volé en éclats, et les Belges ont su profiter à deux reprises des approximations d’une défense à trois Aguerd–Balerdi–Murillo bien trop tendre.
Roberto De Zerbi a également déploré le manque de caractère de ses joueurs, qui ont subi sans se montrer à la hauteur de ce match « historique ».
« Bien sûr qu’il y a toujours un peu de honte quand on perd comme ça et qu’on se retrouve éliminé, a-t-il déclaré. Il y a la douleur de ce match, et surtout de ces vingt premières minutes. Quand il faut rentrer dedans, aller au combat… J’aurais préféré qu’on prenne deux cartons rouges, mais on ne peut pas accepter ce qu’on a montré aujourd’hui. Et il en va de ma responsabilité. C’est moi l’entraîneur. »
Une piqûre de rappel
Avant de se concentrer sur la suite de la saison, avec un huitième de finale de Coupe de France face à Rennes et un duel sur la pelouse du PSG qui se profile en championnat, l’OM va sans doute devoir tirer les enseignements de cet échec, aussi cruel soit-il.
Pablo Longoria pourra ainsi se féliciter de tout ce qui a été accompli de positif sur les plans sportif, économique, structurel et de la formation. L’effectif marseillais est peut-être le plus talentueux des trente dernières années ; sa valeur n’a jamais été aussi élevée. Le club est redevenu attractif et peut compter sur une communauté des plus fidèles. Tout est réuni pour refaire de l’OM un grand club d’Europe.
« Je continue de dire et de penser que l’équipe est forte », a également martelé Medhi Benatia après la rencontre. « On a joué un très bon match il y a trois ou quatre jours contre Lens. On faisait un débrief avec le président, et je pense, avec beaucoup d’humilité, que le groupe est nettement plus fort que celui de Lens cette année. On l’a prouvé sur ce match-là, ce qu’on n’avait pas réussi à faire l’année dernière. »
Roberto De Zerbi incarne parfaitement ce projet, avec cette identité de jeu prononcée qui fait de lui un entraîneur référencé en Europe. Il est la pierre angulaire d’une équipe qui va désormais devoir s’engager dans la voie de la stabilité pour lui permettre de passer au stade suivant.
Bruges ne possède pas une équipe « plus forte » que l’OM, Lens non plus. Mais le talent ne fait pas tout.








