Malgré la tempête après Bruges, Roberto De Zerbi garde le cap à l’OM

  • L’entraîneur italien a confirmé son investissement à 100 % pour poursuivre la saison avec l’OM, alors que deux nouveaux gros rendez-vous se profilent : sur la pelouse du Paris FC aujourd’hui, puis face à Rennes en Coupe de France.

Le bateau OM a fortement tangué après l’élimination rocambolesque en Ligue des champions, actée au terme d’une prestation complètement ratée à Bruges mercredi soir. Mais Roberto De Zerbi a profité de la conférence de presse d’avant-match pour rappeler qu’il restait le capitaine à bord, plus que jamais investi dans sa mission sur le banc marseillais.

L’occasion de mettre fin aux débuts de rumeurs évoquant un potentiel départ fracassant. Roberto De Zerbi est ainsi apparu requinqué et déterminé à rebondir face au Paris FC dès 17 heures.

« Ce qui a été écrit ou rapporté, ce sont des choses écrites. La vérité est simple : je suis toujours là, a-t-il lancé. Je suis encore là aujourd’hui devant vous. C’est la réalité. Nous avons perdu un match important, d’une manière qui fait mal, et c’est normal de faire un examen de conscience dans ces moments-là (…). Je ne sais pas si je suis l’entraîneur idéal pour Marseille, mais je sais que Marseille est l’endroit idéal pour moi. J’ai voulu venir ici à tout prix et j’essaie de rester fidèle à cet engagement. Les gens proches de moi le savent. J’ai la force pour rester encore cinq ou six ans à Marseille, honnêtement. Parce que j’aime ce club, parce que c’est ma passion. »

Des enseignements à tirer

Le signal est fort et renforce les liens du tandem que l’entraîneur italien forme avec ses dirigeants, Pablo Longoria et Medhi Benatia. Pour mieux rebondir après ce terrible affront, les Marseillais se devaient de tirer les enseignements de ce qui a conduit à cet échec.

La direction avait pourtant tout bien fait : un effectif valorisé comme jamais, un centre de formation qui sort à nouveau des talents, et un projet de jeu porté par un directeur du football et un entraîneur de référence en Europe. Il ne manque plus qu’un ingrédient pour franchir l’étape suivante, que Roberto De Zerbi a identifié hier au terme de sa nuit blanche. Au-delà de son irrégularité et de ses passages à vide répétés en fin de match, il manque de la stabilité et du vécu collectif à ce groupe.

« Je pense que Marseille a de grands joueurs qui jouent ensemble depuis trop peu de temps. Cette équipe a besoin de temps pour être géniale. Si on change sept, huit ou dix joueurs chaque saison, si on fait une chasse aux sorcières à chaque difficulté, alors c’est difficile de s’améliorer. Les grandes équipes se construisent aussi en apprenant à se connaître. Il faut laisser aux joueurs le temps de grandir », a concédé le technicien transalpin.
« Une équipe très forte a été construite. Des joueurs ont été vendus, d’autres, de haut niveau, ont été achetés. C’est un fait. Mais le football se joue à onze, et si les onze se connaissent bien, cela aide énormément. Notre histoire récente montre que cette alchimie demande du temps. »

L’hommage de Stéphane Gilli

À ce titre, voir le capitaine du bateau OM reprendre une main ferme sur le gouvernail est forcément une bonne nouvelle pour le projet marseillais, qui s’est trouvé un coach de renommée internationale au cuir épais.

Roberto De Zerbi est régulièrement félicité et cité en référence par ses homologues adverses, et pour cause. L’OM ne gagne peut-être pas tous ses matchs, mais tâche d’honorer fièrement sa devise « Droit au but » en affichant notamment la meilleure attaque du championnat, avec 44 buts en 19 matchs cette saison. Comme Jorge Sampaoli ou Igor Tudor avant lui, Roberto De Zerbi affiche une identité de jeu forte et vit sa passion pour le football au moins aussi intensément que ses supporters.

Interrogé sur le style De Zerbi, l’entraîneur du Paris FC n’a pas manqué de lui tirer son chapeau.

« Je sais qu’il est souvent critiqué, mais c’est un entraîneur qui a des idées et des principes de jeu bien établis. Il faut reconnaître qu’il a amené pas mal de choses au football. Moi, j’ai du respect pour lui », a-t-il déclaré.
« On s’attend à retrouver des principes : les sorties à 3+2 ou à 3+1, cette largeur toujours présente pour étirer la ligne arrière, ces joueurs dans les demi-espaces qui cherchent à attirer la pression avant de prendre la profondeur. Quelle que soit l’animation, il y a de grands principes qui sont toujours là, une véritable identité de jeu. »

Aux Marseillais désormais de démontrer que ce qui ne tue pas rend plus fort, face au Paris FC d’abord, puis à Rennes en Coupe de France. Deux matchs qui pourraient redonner des couleurs à la fin de saison olympienne, à condition de les gagner.