Ligue 1 : Le dernier arrêt de Steve Mandanda
Dans un entretien accordé à L’Equipe, le gardien de 40 ans a révélé qu’il mettait un terme à sa riche carrière, couronnée en 2018 par un titre de champion du monde avec la France.
Toutes les belles histoires ont une fin et Steve Mandanda a décidé que la sienne avec le football professionnel avait atteint son point final. Pendant que son éternel comparse en équipe de France, Hugo Lloris, joue les prolongations sur les rives du Pacifique à Los Angeles ou qu’Olivier Giroud s’offre un dernier défi tricolore à Lille, lui s’est résolu à ranger les gants après un été à gamberger. "J’ai eu besoin de prendre mon temps pour l’accepter, déjà parce que ce n’est pas simple, mais oui, j’arrête ma carrière", a-t-il introduit à L’Équipe avant d’enchaîner : "J’ai eu une grande période de réflexion parce que, si dans mon esprit ça semblait clair, j’ai eu beaucoup de sollicitations. C’est flatteur, ça veut dire que des dirigeants, des coaches pensent encore à toi. Et, à chaque fois que j’ai dit non, je me suis demandé si je n’allais pas le regretter."
Une relation unique avec l’OM
Des regrets, Steve Mandanda n’allait finalement pas en avoir, pour la simple et bonne raison que son choix était déjà fait. "Au cours de la saison dernière, je savais que j’allais arrêter. L’arrivée du coach, Habib Beye, m’a redonné l’envie. J’ai apprécié mon rôle de numéro 2. Et puis le club a décidé de ne pas renouveler mon contrat, arrive ensuite le dernier match de la saison au Vélodrome", poursuit le désormais jeune retraité. Un signe du destin qu’il n’a pas pu ignorer. En effet, s’il a été formé au Havre, où il a fait ses débuts professionnels en 2004, Steve Mandanda a lié la majeure partie de sa carrière à l’Olympique de Marseille. Une relation au long cours qui s’est étalée sur 15 ans (2007-2022), avec seulement une incartade d’une saison à Crystal Palace (2016-2017). "Ce mariage avec l’OM, ça a été un alignement des planètes. J’ai découvert un coach qui a énormément compté : Éric Gerets. Incroyable dans sa gestion tactique et son management. Il était franc, direct, j’ai adoré", se souvient l’ancien Havrais. C’est le Belge qui va le propulser comme gardien n°1 de l’OM. "Au moment où Cédric (Carasso) revient de blessure, je fais une semaine d’entraînement atroce. Il vient me voir, ça dure vingt secondes : 'C’est toi mon numéro 1 !' (…) ça a complètement changé ma carrière", raconte-t-il au quotidien sportif français.
S’il reconnaît avoir été atrocement nerveux avant de débuter contre Caen, Steve Mandanda a résisté à la pression et s’est installé à un poste exposé. Mieux, il l’a fait dans la durée au sein d’un club réputé éruptif, où la passion consume joueurs, staffs et dirigeants. "J’ai eu la chance d’avoir un chant à mon nom au stade assez rapidement. Et puis, je crois avoir pris le temps de bien observer, de bien comprendre où j’avais mis les pieds (…) Je me sens privilégié d’avoir pu porter ce maillot, d’avoir pu jouer autant de matchs dans cette équipe", apprécie aujourd’hui l’homme aux 613 apparitions avec le maillot ciel et blanc.
Une fidélité récompensée par l’amour populaire et qui a coïncidé avec une certaine réussite sportive puisqu’il a participé à la conquête du dernier titre de champion de France du club en 2010. Si les années qui suivirent ne furent pas aussi belles, avec notamment des déceptions européennes comme la défaite 0-3 contre l’Atlético de Madrid en finale de la Ligue Europa en 2018, Steve Mandanda a connu dans le Sud de la France ses plus belles heures. Une apogée qui lui permit de prendre racine en équipe de France, où son rôle se cantonna en majorité à celui de doublure d’Hugo Lloris. Qu’importe cette possible frustration, il connut là aussi la gloire avec le sacre à la Coupe du monde 2018 en Russie.
La bouée rennaise
La rupture avec Marseille est intervenue en 2022, au bout d’une saison compliquée qui a vu l’arrivée de Pau Lopez. Steve Mandanda a alors compris qu’il fallait partir et a trouvé refuge à Rennes, où le discours de Bruno Genesio l’a convaincu de prolonger encore un peu sa carrière. "Sans Rennes, je ne sais pas si j’aurais continué trois ans de plus, si j’aurais pu être appelé pour la Coupe du monde 2022", confie-t-il. Une expérience bretonne qu’il ne regrette pas mais qui avait pris une mauvaise tournure la saison dernière. Capitaine d’une équipe malade, il avait été relégué sur le banc en janvier dernier par Habib Beye, tout juste nommé à la place de Julien Stéphan, et qui lui a préféré un autre nouvel arrivant, Brice Samba.
S‘il a trouvé un sens à son nouveau rôle de second, Steve Mandanda n’a pas voulu s’éterniser dans cette situation. Aussi, quand son entraîneur lui a accordé une minute au Vélodrome lors de la 34ᵉ et dernière journée de Ligue 1, quand il a vu l’accueil et les honneurs réservés par le stade le plus cher à son cœur, il a compris. "Ce moment a été unique parce que rien n’était préparé (…) L’instant m’a encore plus touché à la fin avec mon fils qui est venu sur le terrain. Je suis face au virage sud, Leo (Balerdi) me donne le brassard (de l’OM) : 'C’est toi le capitaine, tu es chez toi ici !' Franchement, je ne pouvais pas vivre une meilleure fin", se remémore-t-il avec émotion.
En paix avec lui-même, Steve Mandanda a clos le chapitre de son histoire professionnelle mais n’a pas fait ses adieux au football. Amoureux de son sport, il entamera prochainement une formation en management pour, à terme, prendre des responsabilités dans un club.








