WTA : L'avenir économique du circuit féminin est une source d'inquiétude pour Alizé Cornet

Le circuit féminin vit une fin de saison tronquée. Alors que les tournois asiatiques ont été annulés en raison de la pandémie, le tournoi de Linz sera la dernière étape en 2020. Une fin prématurée qui tranche avec le circuit ATP, dont le Masters aura bien lieu dès ce dimanche à Londres, contrairement à son pendant féminin prévu à Shenzhen. Une situation sportive compliquée qui aura également des conséquences économiques pour la WTA et les joueuses, un élément qui inquiète Alizé Cornet. « On a très mal, surtout parce qu'on a beaucoup, beaucoup d'argent en Asie. Si j'ai bien compris, le Masters représente quand même 50 % des finances de la WTA. C'est colossal, résume la Niçoise dans un entretien accordé au quotidien L’Equipe. Comme le Masters n'a pas lieu et que l'Asie a fermé ses portes jusqu'en mars, on est en mode survie. »

 

Cornet : « Quand tu as des offres aussi intéressantes... »


Depuis plusieurs saisons, la WTA s’est tournée vers l’Asie, multipliant les tournois sur un continent prêt à payer cher pour obtenir l’organisation de tournois. A la question de savoir si les dirigeants de la WTA ont fait une erreur ou bien s’ils n’avaient pas le choix de miser autant sur l’Asie, Alizé Cornet botte en touche. « Je ne peux pas vraiment me prononcer. Quand tu as des offres aussi intéressantes de la part d'un continent... Leur boulot est de faire rentrer de l'argent, de faire en sorte que les joueuses gagnent bien leur vie, rappelle la Niçoise. Le Masters féminin, c'était historique, il était mieux doté que le Masters masculin. C'est compliqué de refuser des offres pareilles pour la WTA. Nous, on est bien contentes d'avoir du prize money. »

Mais la situation actuelle pèse sur les tournois par une baisse parfois drastique de la dotation et donc, par ricochet, sur les joueuses. Un élément qui est une grande source d’inquiétude pour Alizé Cornet, pour qui le travail de fond de la WTA est réduit à néant par la crise. « Je me fais du souci pour les joueuses qui ne sont pas dans les 100 et qui sont tributaires du moindre tournoi, assure la Française. Il faut vraiment avoir de l'empathie pour tous ces gens qui galèrent encore plus que nous. Toute une économie est en train de vaciller méchamment. »

Cornet doute d’une éventuelle fusion ATP-WTA


Depuis la reprise du tennis professionnel en août dernier en vue de l’US Open et de Roland-Garros, la WTA a pu programmer douze tournois. De son côté, l’ATP a pu sauvegarder seize rendez-vous dont les prestigieux Masters 1000 de Paris-Bercy et le Masters de Londres. Un écart qui, pour Alizé Cornet, est symptomatique du tennis mondial. « Ça fait mal au cœur quand on voit la programmation des garçons et celle des filles, ajoute la Niçoise. Quand on parle de l'égalité hommes-femmes, ça me fait rire. »

Une différence qui intervient plusieurs mois après l’idée lancée par Roger Federer de rapprocher l’ATP et la WTA avec une potentielle fusion. Un projet qui, aux yeux d’Alizé Cornet, a totalement disparu des radars. « Ça partait d'une bonne intention, mais ça m'a fait un peu l'effet d'un feu de paille, ajoute-t-elle. On en a parlé, Steve Simon était hyper content, et puis plus rien. Après, peut-être qu'ils bossent dessus dans l'ombre et qu'on n'est pas au courant. » Un projet qui pourrait être une révolution dans le monde du tennis professionnel mais qui ne semble plus avoir autant de vent dans les voiles qu’au début de l’année 2020.