Wimbledon - En Roux Libre : "Humbert doit embarquer Djokovic dans un match fou !"

Panoramic

Ugo Humbert, ça fait un petit vent de fraîcheur au niveau des Français. Ça fait longtemps qu’on est avec « Jo » (Tsonga), Gilles (Simon), Gaël (Monfils) ou Richard (Gasquet), même s’il a été un peu blessé. Voir un jeune comme ça qui a des étoiles plein les yeux, qui découvre pour la première fois Wimbledon et qui croque ça à pleines dents, au-delà de ce qu’il propose sur le terrain, c’est magnifique. Pour les jeunes qui arrivent derrière, c’est un bel exemple car Ugo a 21 ans et ça doit leur donner encore plus l’espoir de se dire : « Ça n’est pas grave si je ne suis pas dans le tableau à 19 ou 20 ans, j’ai le temps d’y arriver ». Et on voit Ugo en conférence de presse avec son grand sourire et cette espèce de gêne de se dire : « Mais qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi je suis là ? ». 

Sur le court, il m’a vraiment épaté lors de son match face à Félix Auger-Aliassime : arriver sur un grand court comme ça, c’est quand même assez impressionnant. Ugo n’a pas beaucoup d’expérience et il n’avait pas joué de grand match auparavant. Il n’a pas du tout été impressionné par l’atmosphère et a quelque part maîtrisé ce match du premier au dernier point. J’ai vu ce match des tribunes, je ne l’ai pas commenté et donc, quand on est au bord du terrain, on a un regard différent : on se met peut-être un peu plus dans la tête des joueurs. On ne regarde pas les stats ou les zones, on vit le match différemment et on se projette à la place du joueur au niveau des émotions. A chaque fois que je me suis dit : « Ça va être compliqué pour Ugo, il va se tendre. Tiens, on va voir là s’il est bon, s’il arrive à conclure le set », mais il m’a surpris par la gestion de ses temps forts. 

La démonstration d'Humbert face à Auger-Aliassime : 


En plus, face à lui, il y avait un mec qui était dans une spirale assez incroyable, un mec qu’Ugo connaît bien. Mais Ugo prend du plaisir à aller sur le court et cela se ressent. Il s’en est bien rendu compte : son jeu sied parfaitement au gazon. Avec ce service de gaucher, ce « slice » côté avantage : il est grand et on a l’impression qu’il arrive à déployer ses ailes pour aller chercher la balle sans forcer. C’est fluide, ça va vite et la balle, il la claque, il la gifle. Si on doit le comparer avec un autre gaucher qui est encore en course, on peut parler de Verdasco. Verdasco, c’est lourd, c’est puissant, la balle a du poids. Ugo, lui, sa balle a de la vitesse, elle claque. Globalement, sa force, c’est qu’il n’est jamais en surrégime, en tout cas il ne l’a pas été jusqu’à présent. Il prend la balle tôt, il coupe les trajectoires, il se sert de la vitesse de l’autre. Ses deux points forts sont le revers croisé et son coup droit le long de la ligne, ce sont des schémas de jeu qu’on appelle des schémas forts. Et il les fait à merveille. 

J’attends de voir cet après-midi face à Novak Djokovic comment il va réussir à les mettre en place et voir s’il ne va pas les forcer parce que c’est Djoko en face. Pour moi, ça paraît inconcevable d’entrer sur un terrain et de se dire que tu n’as aucune chance. Tu as toujours une petite chance : même si c’est Djoko en face, même s’il marche sur tout le monde en ce moment. Avec cette fraîcheur et cette insouciance, il peut garder cette petite chance en tête. Il peut y avoir un jour sans de l’autre côté ou un petit bobo. J’espère qu’il va entrer avec cet état d’esprit sur le court. Avec le jeu qu’il pratique, j’ai vraiment envie de voir ça. Cette fois-ci, je vais le commenter le match pour beIN SPORTS et on verra les zones qu’il choisit et la tactique de match. Mais faut-il vraiment mettre en place une tactique ? Il faut peut-être juste jouer son jeu et oublier qui est en face comme il l’a fait avec Félix (Auger-Aliassime) pour l’embarquer dans un match fou !

 


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