Bayer Leverkusen : Le retour du vrai Bosz

Reuters
Peter Bosz est un de ceux qui a initié l'incroyable parcours de l'Ajax en Ligue des Champions en 2019. Moins de deux ans plus tôt, il avait emmené le club d'Amsterdam en finale de Ligue Europa (perdue 2-0 contre Manchester United). Le voilà de retour à Leverkusen après un intermède compliqué à Dortmund, qu'il avait rejoint dans la foulée de sa réussite à l'Ajax pour partir au bout de... quatre mois. "Il avait été très encourageant en début de saison, c'était un des plus beaux départs du club, puis il a connu une série de matchs très compliquée, rappelle Patrick Guillou. Une victoire en treize matchs, il y avait urgence..."

Après une année sabbatique, c'est à nouveaux aux alentours de Noël - cette fois en 2018 - que Leverkusen a décidé de redonner sa chance à l'ancien international néerlandais, qui a évolué trois ans à Toulon (de 1988 à 1991) : "Rudi Völler avait eu d'excellents retours, il travaille beaucoup avec les jeunes, il a un vrai système de jeu qui peut tenir compte des finances sans être trop exigeants, ça colle..." Qualifié pour la Ligue des Champions à l'issue de sa première demi-saison, il échoue d'un rien cet été, tout en emmenant le Bayer en quarts de finale de Ligue Europa (défaite 2-1 contre l'Inter, futur finaliste).


Toujours invaincu en championnat

Alors que les départs de Kai Havertz (Chelsea) et Kevin Volland (Monaco) faisaient craindre le pire, Leverkusen reste la seule équipe invaincue en Bundesliga cette saison avec Wolfsbourg, tout en ayant cartonné Nice au match aller en Ligue Europa (6-2) et en étant déjà quasiment qualifié pour les seizièmes de finale. Patrick Schick et Florian Wirtz s'avèrent être des suppléants très corrects, tandis que Moussa Diaby ou Leon Bailey restent bien en vue.

"Il bonifie beaucoup ses joueurs, reprend notre consultant. Il sait modifier ses organisations en fonction de ses joueurs. Même pour mettre en lumière Volland, il savait passer à trois derrière... Pareil en mettant Havertz sur un côté avec un 4-2-3-1. Il ne reste pas rigide sur sa culture initiale de l'Ajax, celle du 4-3-3. Il a toujours bien fait jouer ses équipes, avec ce football offensif et une défense très haute, mais depuis le début de la saison ils sont surtout forts défensivement et concèdent très peu de buts. La qualité première d'un coach, c'est de savoir s'adapter à tout son effectif." En treize matchs de Bundesliga et Ligue Europa, il n'a jamais aligné la même composition. Völler, son historique directeur sportif, valide des deux mains : "La façon dont il gère ça est absolument remarquable."

Même s'il n'y a pas plus de blanc-seing à Leverkusen qu'ailleurs, on a tout de même la sensation que les deux mondes sont faits pour s'entendre. Patrick Guillou conclut : "A Dortmund, le public a parfois besoin d'un Jürgen Klopp ou d'un Thomas Tuchel, quelqu'un d'un peu volcanique. Bosz est plus dans la discrétion et le charme, la discussion. Il ne s'emporte pas facilement avec le quatrième arbitre, il est plus dans l'échange. Au Bayer, aussi pour des raisons d'image liées au sponsor du club, on ne veut pas faire de vagues ni être montré du doigt, donc ça colle mieux." Avec 60% de victoires en deux ans et 85 matchs, jamais un entraîneur de Leverkusen n'avait affiché un aussi bon ratio dans l'histoire du club (avec au moins dix matchs dirigés).