Flick, assez grand pour durer au Bayern ?

Reuters

Inconnu du grand public avant de prendre les rênes du Bayern, il y a un peu plus d'un an, Hansi Flick était l'adjoint parfait. Celui de Niko Kovac, après avoir été celui de Joachim Löw en sélection pour terminer champion du monde 2014. Il ne devait rester que quelques matchs, mais a donc finalement réussi à égaler Pep Guardiola et le grand Barça 2009 en remportant les six titres possibles. Patrick Guillou s'interroge : "Que peut-il faire de plus ? Quand on voit Liverpool après sa Ligue des Champions et son titre, on comprend à quel point c'est compliqué de rester sur tous les tableaux... S'il est éliminé en demi-finales de Ligue des Champions, même sur une erreur arbitrale, ou s'il finit deuxième de Bundesliga à deux points du leader, on dira qu'il ne confirme pas."

"Il colle à la mentalité bavaroise et aux attentes des joueurs, il a été un exemple de loyauté avec Niko Kovac"


Adoubé par Jupp Heynckes, quel sera l'avenir de Flick ? Alors qu'on peut l'imaginer, vu de très loin, comme une incroyable étoile filante qui ne pourrait raisonnablement pas durer dans la politique clinquante du Bayern, notre spécialiste de la Bundesliga nous invite à rafraîchir en profondeur notre schéma de pensée : "Il colle à la mentalité bavaroise et aux attentes des joueurs, il a été un exemple de loyauté avec Niko Kovac. Il est humain, la plupart l'ont côtoyé avec la Mannschaft, où il était le maître tacticien et notamment sur les coups de pied arrêtés. Il a déjà démontré la crédibilité de son expertise. Les meilleurs joueurs veulent les meilleurs coachs."



La viabilité de Flick à moyen (voire long) terme tient également dans la nature de ses relations avec Hasan Salihamidzic, le directeur sportif, et le futur président Oliver Kahn. C'est aussi là qu'un triangle d'or est peut-être en train de s'installer, alors qu'un Jürgen Klopp - par exemple - viendrait irrémédiablement chambouler la hiérarchie. Comme Pep Guardiola en son temps, ou encore Louis van Gaal et Giovanni Trapattoni, dont Flick était déjà l'assistant... Ce qui n'empêche donc pas ce dernier d'appartenir au gotha, par son chemin bien à lui et qu'il convient désormais d'intégrer une bonne fois pour toutes.

Notre consultant s'envole : "Il n'a pas vu de la lumière en se disant qu'il allait entrer pour jouer aux cartes. Sa compétence et son exigence, il ne les doit à personne. Evidemment, ce n'est pas un hasard. Un excellent n°2 ne fait pas forcément un excellent n°1, mais c'est possible, à l'image de Christophe Galtier qui secondait Alain Perrin à Saint-Etienne. Flick est légitime car il a tout gagné, il est dans la cour des grands, et parce qu'il n'avait pas sa place garantie à table. L'évolution de son contrat le prouve, en passant d'intérimaire à temporaire, puis définitif."

Flick n'est pas Klopp ni José Mourinho, encore qu'il partage avec le Portugais ce processus d'apprentissage en tant qu'adjoint. L'entraîneur du Bayern a juste explosé (un peu) plus tard, à 55 ans. "Ce club est simplement en perpétuelle agitation et cogitation pour se projeter, afin d'éviter de disparaître", conclut Patrick Guillou. Quand l'aventure de Flick sur le banc du Bayern s'arrêtera, puisque ce sera le cas un jour, ce ne sera donc pas dû à son pedigree. Mais peut-être à cause de la Mannschaft, où il apparaît comme un successeur de plus en plus naturel à son mentor Löw...


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