Hojbjerg et Bale, deux Spurs en mission vers les quarts

Panoramic

Sous ses airs de dur, avec son bras gauche entièrement couverts de tatouages qui le font ressembler à un bagnard ou à un marin, Hojbjerg a montré toute sa sensibilité lors du grave malaise cardiaque de son coéquipier Eriksen lors du premier match contre la Finlande.

"J'ai vu Christian allongé, là, le regard tourné vers le terrain. Mais ses yeux étaient tout blancs et je me suis dit que quelque chose n'allait pas", a-t-il raconté. "Je suis resté assez longtemps avec le staff à discuter mais je voyais des bras qui s'agitaient avec les premiers secours. C'était flippant", avait-il ajouté.

Mal engagé - de façon très compréhensible - dans cet Euro, après deux défaites inaugurales, contre la Finlande (1-0) et la Belgique (2-1), le Danemark a trouvé les ressources pour arracher son billet pour les huitièmes en écrasant la Russie (4-1), dans un stade Parken en feu à Copenhague.

 Le Danemark, quel final grandiose !

 

Un nouvel Euro démarre pour le Danemark

Donné comme l'un des outsiders de cet Euro, le Danemark a peut-être acquis là une nouvelle confiance, renforcée par l'état de santé rassurant d'Eriksen, opéré pour se faire implanter un défibrillateur miniature et sorti par la suite de l'hôpital.

Et même sans la star danoise, ancien de Tottenham (avant l'arrivée l'été dernier de Hojbjerg), c'est presque une nouvelle compétition qui démarre pour l'équipe bercée du récit des champions de 1992, épopée pour laquelle ils n'étaient en grande majorité pas nés.

Râtisseur de ballon et aboyeur du milieu de terrain, dans une équipe, où tout le monde n'a d'yeux que pour l'ailier Mikkel Daamsgard, Hojbjerg est un élément essentiel de l'équilibre collectif, comme il l'a été à Tottenham cette saison.

Malgré une saison en demi-teinte des Spurs, son transfert pour environ 17 millions d'euros de Southampton a été assez largement considéré comme l'une des plus belles affaires du dernier mercato estival de Premier League.

Il avait totalement séduit José Mourinho, qui a toujours un regard très acéré sur ce poste vital dans son organisation, contrairement à Gareth Bale, qu'il retrouvera sur le terrain, samedi, pour qui le départ du Portugais mi-avril avait été un soulagement.

Après le flop relatif de son retour en prêt à Tottenham, l'attaquant sous contrat avec le Real Madrid espérait se ressourcer avec une sélection galloise où il n'a jamais déçu.

Faire basculer son Euro du bon côté

Elle aussi bercée par une légende, mais beaucoup moins lointaine, celle de l'épopée jusqu'en demi-finale de l'Euro-2016, la sélection galloise a traversé solidement un premier tour qui s'annonçait délicat, avec un nul contre la Suisse (1-1), une victoire contre la Turquie (2-0) et une défaite serrée contre l'Italie (1-0).

Mais l'Euro de Bale a, pour le moment, été à l'image de sa saison à Londres, en dents de scie.

Peu en vue contre la Suisse et l'Italie - où il a raté une énorme occasion d'égaliser à la 75e - il avait été resplendissant contre la Turquie, donnant deux passes décisives et créant cinq occasions nettes - un record -, mais ratant aussi complètement un penalty à 1-0.

Gareth Bale expédie son penalty dans les tribunes !

Alors que l'avenir de l'attaquant de 31 ans, à un an de sa fin de contrat au Real Madrid, est incertain, ce huitième de finale est l'occasion de faire basculer sa compétition du bon côté.

D'autant qu'en cas de quart de finale, contre les Pays-Bas ou les Tchèques, les Gallois retourneraient à Bakou, où ils ont pris leurs marques pour y avoir disputé leurs deux premiers matches.

Irréprochable hors du terrain, avec ses saillies en conférences de presse - comme la fois où il a affirmé savoir où Sergio Ramos jouerait la saison prochaine, avant de répondre "en défense" quand on lui a demandé de le révéler -, c'est maintenant sur le terrain que Bale et les Dragons vont devoir cracher du feu.


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