Serie A : Pioli fait revivre l'AC Milan

Il y a un an, l'AC Milan était plus moribond que jamais. Le 20 octobre 2019, Stefano Pioli dirigeait son premier match sur le banc des Rossoneri et ne réussissait pas mieux qu'un 2-2 face à Lecce. Ce n'était pas beaucoup plus réjouissant à Noël : battus 5-0 par l'Atalanta, les Milanais n'avaient grimpé que de deux petites places et ne parvenaient donc toujours pas à accrocher la première partie de tableau. Comme tant d'autres à Milan, comme tout le monde en fait, Pioli peut dire merci à un homme : Zlatan Ibrahimovic, qui a aussi changé son destin.

Sur les douze matchs au sortir du confinement, Milan était déjà la meilleure équipe de Serie A. Le retard accumulé ne permet pas de faire mieux que sixième, mais Pioli, fort du soutien de Zlatan Ibrahimovic (qui ne lui ménage pas certains petits coups de colère, en toute affection), renverse la tendance et prolonge aux commandes de l'équipe alors que Ralf Rangnick s'y voyait déjà. "Je me suis toujours senti soutenu, assure Pioli fin juillet, au moment de cette prolongation. C'est toujours transparent, j'ai toujours cru à ce qu'on m'a dit, à savoir que le travail est évalué avant chaque décision."



Grand bien en a pris aux décideurs milanais, et Paolo Maldini (directeur sportif) ne se justifiait pas autrement dans son communiqué : "Il a été notre coach dans un moment très difficile. Nous avons toujours dit qu'il fallait du temps pour voir les résultats de son travail, et nous avons la confirmation que la qualité et le professionnalisme paient toujours. Il est l'homme qu'il faut pour mener l'équipe qu'on veut : une équipe qui gagne, jeune et qui a faim de victoires."

Les quintuples vainqueurs de la Ligue des Champions franchissent, au début du mois, les barrages de Ligue Europa au terme d'une séance de tirs au but épique contre Rio Ave (11-10). Surtout, ils sont leaders de Serie A, forts d'une quatrième victoire en quatre matchs, la semaine dernière dans le derby face à l'Inter (1-2). Pioli, âgé de 55 ans et ancien joueur de bon niveau qui a essentiellement fait carrière à la Fiorentina (de 1989 à 1995), a bourlingué dans un certain nombre d'écuries italiennes depuis le début de sa carrière d'entraîneur - douze exactement, dont ses quatre dernières expériences à Bologne, la Lazio, l'Inter et la Fiorentina. Parmi les neuf techniciens à avoir dirigé l'Inter et l'AC Milan - le dernier étant Leonardo - , il est le premier à l'effectuer dans ce sens. C'était déjà une première barrière de franchie.