La Juventus, spécialiste des bonnes affaires sur le mercato

Panoramic

Du haut de ses 121 années d’existence, la Vieille Dame reste une adepte des bons coups sur le marché des transferts. Reine en Italie et conquérante en Europe, la Juventus possède une attractivité quasiment sans égale sur le Vieux Continent. A chaque fenêtre de mercato, elle est capable d’enrôler les meilleurs joueurs en fin de contrat. Pour ce faire, elle n’hésite pas à sortir le chéquier au niveau des salaires, et à se séparer de quelques-uns de ses espoirs, ou de ses cadres vieillissants, au prix fort.

Ramsey, une arrivée record à la Juventus
 

Onzième club le plus riche du monde en 2018 avec un chiffre d’affaires de 395 millions d’euros selon le cabinet Deloitte, la Juventus a de quoi voir venir sur le marché des transferts. Capable de débourser 117 millions d’euros pour Cristiano Ronaldo, ou 90 millions d’euros sur Gonzalo Higuain, la Vieille Dame aime également soigner ses économies. En fin de contrat avec Arsenal au terme de la saison, Aaron Ramsey avait annoncé son départ en décembre dernier, après 11 ans de bons et loyaux services à Londres. Courtisé par certaines des plus grosses écuries européennes dont le PSG, le Gallois a finalement décidé de rejoindre la Juventus pour les quatre prochaines années.


Un transfert gratuit (dans son communiqué, la Juventus évoque tout de même des "frais additionnels de 3,7 millions d'euros à payer avant le 10 juillet 2019") qui a tout de la bonne affaire pour les Bianconeri, qui pourront compter sur le joueur aussi bien au milieu de terrain qu’en meneur de jeu. Si le transfert est gratuit, la Juventus a tout de même sorti le grand jeu, et surtout le chéquier, pour convaincre l’ancien de Cardiff. Selon Sky, le Gallois touchera 7 millions d'euros par an, soit le deuxième salaire le plus élevé du club derrière Cristiano Ronaldo, et à égalité avec Paulo Dybala. Sur les quatre prochaines années, soit la durée de son contrat, il coûterait ainsi 28 millions d’euros à la Vieille Dame.

Recruter malin, la spécialité de la Juventus
 

Au niveau des transferts gratuits, la Juventus n’en est pas à son coup d’essai, loin de là. Sur les dernières années, elle s’en est même fait une spécialité. Une stratégie mise en place par Beppe Marotta, directeur général du club, à son arrivée en 2010. L'idée est alors de contrer les mastodontes européens en flairant les bonnes affaires, la Juventus n'ayant pas encore leur manne financière.


L’été dernier, Emre Can rejoignait ainsi Turin gratuitement en provenance de Liverpool. Pour l’attirer, le board bianconero lui avait offert un salaire annuel de cinq millions d’euros, soit le sixième de l’effectif, devant Mandzukic et Chiellini par exemple (4 millions). En 2016, Dani Alves signait à la Juve également gratuitement après huit années au FC Barcelone. Un renfort d’expérience, qui avait disputé 33 matchs toutes compétitions confondues pour six buts et sept passes décisives. En 2014, l’équipe turinoise enrôlait Patrice Evra pour moins de deux millions.

Au rayon des bonnes affaires, on peut également noter Fabio Cannavaro (2009), Luca Toni, Andrea Barzagli (300 000 euros) et Andrea Pirlo (2011), Paul Pogba (2012), Nicolas Anelka et Fernando Llorente (2013), et Kingsley Coman (2014).

Des ventes au prix fort
 

Si la Juventus sait ainsi flairer les bonnes affaires, elle n’hésite pas à casser sa tirelire (Cristiano Ronaldo, Douglas Costa, Joao Cancelo, Federico Bernardeschi…). Pour rester dans le vert au niveau des finances, elle excelle également dans la vente de jeunes pépites ou de cadres vieillissants. Elle a ainsi tout récemment vendu Stefano Sturaro au Genoa contre 16,50 millions d’euros. Une affaire en or pour un joueur arrivé contre 9,6 millions d’euros en 2014 et qui n’avait disputé que 12 matchs de Serie A la saison dernière. Blessé, il n'a pas joué en 2018-2019.


La Vieille Dame va également se séparer d’Emil Audero contre 20 millions d’euros. Actuellement en prêt à la Sampdoria, il s’engagera définitivement avec le club génois cet été, qui a décidé de lever l’option d’achat. Mehdi Benatia a, quant à lui, pris la route d’Al Duhail cet hiver contre 8 millions d’euros. L’été dernier, la Juventus vendait Rolando Mandragora, jeune espoir de 21 ans, à Udinese contre 14,7 millions d’euros, ou Mattia Caldara à l’AC Milan contre la bagatelle de 35 millions d’euros. Un an avant, c’était au tour de Mario Lemina de plier bagage à Southampton contre 17 millions d’euros, alors qu’il avait rejoint la Juventus pour 9,80 millions d’euros.

Ingénieuse dans sa politique de transfert et agressive dans ses ventes, la Juventus s’est bâtie sur le long-terme une équipe sans pareille en Italie. Malgré la perte de son directeur général, Beppe Marotta, la Vieille Dame continue de flairer les bonnes affaires sur le marché des transferts. Suffisant pour décrocher l’étoile en Europe ?