Rugby - Tournoi des VI Nations : Le coupable pour Laporte, c'est... le système

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Est-ce les préparatifs de la 'très chère Saint-Valentin', programmée ce jeudi devant le conseil des prud'hommes de Toulouse et au cours de laquelle Guy Novès devait réclamer à la Fédération Française de rugby (FFR) la coquette somme de 3 M€ au titre de réparation pour le préjudice porté à son image, suite à son limogeage de son poste de sélectionneur en décembre 2017, qui ont empêché depuis dimanche Bernard Laporte de réagir à la désastreuse performance du XV de France dans le dernier 'crunch' (44-8) ? Toujours est-il que le patron de ce rugby français malade de voir sa vitrine ainsi saccagée aura attendu 72 heures avant de livrer son analyse d'une telle débâcle dans les colonnes du Dauphiné Libéré

Pour partager le discours de son sélectionneur Jacques Brunel qui, plutôt que d'assumer ses propres responsabilités, s'était permis de se défausser sur ses joueurs dès l'issue de ce désastre face à l'ennemi historique : "Ce qui me déçoit le plus, c’est que mes joueurs n’ont pas su trouver la réponse à une situation qui s’est reproduite toute la première mi-temps. (…) Nous savions que ça allait se passer de cette façon et on n’a pas su répondre. Pourquoi ? Et pourquoi autant de fébrilité ?" Avant de fragiliser son groupe en critiquant en creux la performance de ses cadres : "Les jeunes ont amené un plus. Une envie, de la qualité par moments, du tonus, et, parfois, un peu trop d’enthousiasme. Mais c’est bon pour leur avenir. Pour notre avenir."

"On ne va pas réagir à chaque défaite"

Laporte, lui, épargne non seulement son ancien adjoint, mais enfonce un peu plus ses joueurs en même temps qu'il dénonce les effets du fameux système : "Vous savez, ça fait dix ans que le rugby français est dans la difficulté. Ça fait dix ans qu'on ne gagne pas. On me dit toujours que c'est la faute des entraîneurs. Je veux bien que tous les entraîneurs ne soient pas hyper-compétents, mais au bout d'un moment, il faut se rendre compte que c'est le système qui fabrique des joueurs qui ne sont plus au niveau. C'est pour cette raison qu'il faut changer les choses. On a déjà évolué, mais il faut aller encore plus loin." Mais ne surtout pas toucher à l'encadrement et "Bernie", comme Brunel a reconduit comme un seul homme son groupe pour le match de la peur à venir contre l'Ecosse le samedi 23 février, au Stade de France (15h15), de réitérer sa confiance au staff tricolore et en premier lieu au fidèle Brunel.

"Pour moi, c'est toujours l'homme de la situation, assure le patron de la FFR. Et puis on ne va pas réagir à chaque défaite. On doit surtout réfléchir pour trouver des solutions. Le chantier est énorme, c'est vrai. La nomination de Jacques Brunel a permis de mieux appréhender les clubs, de travailler mieux ensemble à l'image de la convention signée avec les clubs." Surtout, ne rien changer...
 

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