Les Blacks assommés par les Anglais !

Reuters

Ces Anglais ne doutent de rien, pas même lorsqu’il s’agit de s’inspirer du V de la victoire des Bleus, finalistes du Mondial 2011, pour défier le haka des All Blacks avant le coup d’envoi de cette première demi-finale de la Coupe du monde au Japon. Un choc monumental aux allures de finale avant l’heure que ce XV de la Rose en pleine confiance, quatre ans après le traumatisme de l’édition 2015 jouée à domicile (*), a les moyens de dynamiter d’entrée.

Jamais les triples champions du monde néo-zélandais n’avaient concédé un essai aussi rapidement en Coupe du monde que ce dernier coup de rein dévastateur, signé Manu Tuilagi après seulement 1’40 de jeu, qui vient signer l’entame parfaite de son équipe. Un XV de la Rose clinique, à l’intensité étouffante, qui gagne tous ses duels et progresse sur chaque impact pour mettre à la faute des doubles tenants du titre dans la nasse.

"Dur de trouver les mots..." (Read)

Tuilagi, encore lui, est à l’interception sur l’un des neuf turn-overs néo-zélandais de cette première période à sens unique, ou presque, et c’est déjà un nouveau ballon d’essai que son ailier Jonny May, repris à la course par… Scott Barrett, deuxième ligne au-delà du quintal (1,98m, 117kg), ne peut convertir sur un en-avant (8e). On a rarement vu l’équipe de Steve Hansen à ce point impuissante, et il faut la vidéo pour refuser à l’intenable troisième ligne anglaise, suite un passage à vide toutefois évident de Tom Curry, son compère Sam Underhill de l’opportunité de doubler la mise (25e). L’initiative ne cesse d’être anglaise, même si le drop de George Ford rate la cible (32e) ; sa pénalité, obtenue par ce poison d’Underhill dans un nouveau ruck gagnant, passe juste avant la pause (10-0, 40e).

Les Blacks fanny à la pause, c’est déjà du jamais vu depuis la demi-finale du Mondial 1991, perdue face aux Wallabies (13-0, M.T.). De quoi décréter "probablement les meilleures quarante minutes sous l’ère Eddie Jones", dixit l’ancien demi de mêlée international Paul Grayson, consultant pour BBC Sport.

Une mainmise et une maîtrise qui se prolongent au retour des vestiaires. C’est un miracle que le score ne soit pas plus lourd entre un échec d’Eliott Daly à longue distance (43e) et surtout ce nouvel essai refusé pour un en-avant très peu évident au cœur du ballon porté anglais, qui a mis sur orbite Ben Youngs pour aplatir derrière son paquet d’avants (46e). Et le coaching d’Hansen (Cane, SBW, Perenara…) n’y change rien, malgré l’essai de rapine d’Ardie Savea sur un lancer en touche perdu par Jamie George (13-7, 58e). L’incapacité à réagir des Blacks est saisissante, qui se traduit aussi par une indiscipline fatale sanctionnée par le pied impeccable de Ford (50e, 63e, 70e). Le triplé kiwi n’aura pas lieu et c’est bien l’Angleterre qui, forte de ce récital, s’invite dans une quatrième finale de Mondial (après 1991, 2003 et 2007). Avec plus que jamais l’étiquette de favori pour le titre suprême et l'ambition de donner une petite soeur à la coupe William Webb-Ellis décrochée en 2003 par la seule nation européenne sacrée à ce jour.

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(*) L’Angleterre était devenue le premier pays organisateur à être éliminé dès la phase de poules.


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