Des Bleus laborieux, mais bonifiés

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On avait craint la menace du typhon Mitag sur Fukuoka, et c’est finalement une averse tropicale qui va marquer l’avant-match entre les Bleus et les Eagles. De quoi sans doute empêcher ce XV de France, grandement remanié, de chanter d’entrée « Comme un ouragan » à l’oreille de leurs modestes adversaires, loin d’être emportés…

 

 

Même si un Tricolore crève l’écran sans attendre. Et ça tombe bien, Camille Lopez, au relais de Romain Ntamack, a la responsabilité du jeu français. Et le jeu au pied du Clermontois, déjà le premier à déchirer la défense américaine, fait des merveilles dans cette entame avec ce petit par-dessus pour envoyer Yoann Huget pointer sous les perches son quatorzième essai en sélection (7-0, 6e).

"Il y a du boulot..." (Brunel)

Son alter-ego de l’aile droite aimerait pouvoir en dire autant, sauf qu’Alivereti Raka, entre un ballon tombé et une passe ratée pour son capitaine Louis Picamoles, passe au travers de ce début de match. Où la 13e nation mondiale fournit une opposition très correcte, capable de mettre à la faute la mêlée tricolore et, derrière, de porter le danger dans les 22 mètres français pour prendre ses premiers points (7-3, 19e).

Une indiscipline (8 pénalités à 1 en 40 minutes) qui ne dit rien de bon de la maîtrise toute relative des joueurs de Brunel et Galthié sur ce premier acte. Au moins Lopez est à son affaire avec cette diagonale pour Raka, son partenaire de club, qui aplatit en coin (12-3, 24e). Les derniers points avant la pause n’en sont pas moins pris par les Etats-Unis et leur buteur AJ McGinty (12-6, 31e). Sans quoi le carton jaune apparaissait inévitable pour cette équipe de France tout sauf rassurante.

Une fébrilité qui convoque les mauvais démons de ce groupe, incapable de reproduire le niveau de jeu offert face aux Pumas. "On a perdu le fil de notre plan de jeu", "on est beaucoup pénalisés" : le premier constat de Brunel au micro de TF1 confirme cette triste impression, prolongée à la reprise, malgré la rentrée de Guilhem Guirado – comme un désaveu pour Picamoles et les doublures du jour – et d’une première ligne toute neuve. Pris à l’impact, sans envie de faire mal, ni de se faire mal et maladroit, à l’image de Thomas Ramos (3 fautes de mains), le joueur français est sur cette pelouse détrempée ramené à sa triste condition des dernières saisons. D’autant qu’une nouvelle pénalité de McGinty rapproche les siens à trois petits points (12-9, 65e).

Avant que Gaël Fickou ne sauve à peine les apparences, à la conclusion en force pour sa 50e sélection d’une série de picks and go, qui assure le service minimum (19-9, 68e). La cerise inespérée du bonus offensif, c’est le rentrant Baptiste Serin, sur un sacrifice de Raka et une dernière passe de Yacouba Camara, sorti in extremis de l’anonymat, qui l’offre (26-9, 71e). L’addition se fait même lourde sur le ballon porté, conclu par Jefferson Poirot (33-9, 80e). Au moins, avec cette passe de trois inédite depuis quatre ans (*), la France se rapproche-t-elle d'un quart de finale qu'elle pourrait valider un peu plus dès dimanche face aux Tonga (9h45). 

 

 

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(*) Le XV de France signe sa première série de 3 victoires consécutives depuis le Mondial 2015. 

Brunel : "Serin a apporté de la vitesse":

 


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