Le XV de France en rescapé

Reuters

L'équipe de France a soufflé le chaud et le froid samedi matin, pour son entrée en lice en Coupe du monde et un match à couteaux tirés contre l'Argentine. Entreprenants et brillants durant les 40 premières minutes, les Bleus ont ensuite sombré en seconde période, mais sont parvenus à préserver l'essentiel, à savoir l'avantage au tableau d'affichage (23-21). Comment la troupe de Jacques Brunel a-t-elle pu à ce point dévoiler deux visages si distincts ? Des interrogations temporairement masquées par l'option prise, grâce à cette victoire, sur la qualification en quart de finale de la compétition dans cette poule C. Mais il faudra montrer bien plus de constance, ne serait-ce que contre les Etats-Unis le 2 octobre prochain, malgré la faiblesse présumée de l'adversaire.

Et réussir par exemple une vraie entame de match, loin de celle livrée contre les Pumas, avec beaucoup de fautes de mains. Fort heureusement, la première pénalité argentine est manquée (13e), mais pas la deuxième suite à un hors jeu (0-3, 15e). Puis le XV de France sonne soudain le réveil, le collectif se mettant au diapason de Maxime Médard, Antoine Dupont, Damian Penaud ou Gaël Fickou, efficaces dans les franchissements et les combinaisons. Le dernier nommé profite parfaitement du travail amorcé par le Clermontois pour aller dans l'en-but et donner l'avantage aux Bleus (7-3, 18e). Quelques minutes plus tard, les mêmes acteurs envoient le demi de mêlée du Stade Toulousain en terre promise (14-3, 23e). Deux essais à chaque fois transformés avec sérénité par un Romain Ntamack impeccable au pied, comme pour creuser un peu plus l'écart sur deux pénalités (17-3, 30e, puis 20-3, 40e).

Merci Camille Lopez !

Et les Bleus concluent de fort belle manière ce premier acte, après avoir notamment remporté quelques combats en mêlée sur la ligne défensive. Il y avait alors toutes les raisons d'être optimiste... Et puis tout est allé de travers par la suite, les Argentins, piqués au vif, revenant avec les crocs sur la pelouse. Privés de ballon, incapables d'enchaîner, battus à l'impact, les Bleus ont baissé pavillon, débordés et griffés de toutes parts par des Pumas ragaillardis. En un petit quart d'heure, l'Argentine a recollé à 20-15 grâce à deux essais, dont un transformé (43e et 54e). Les Français sont étouffés et partent à la faute, offrant deux pénalités à leurs adversaires pour repasser devant (20-21, 69e).

Et puis, au milieu de la déconfiture tricolore, Camille Lopez sort un drop inespéré de 35 mètres (23-21, 70e), juste avant une première défaillance de Romain Ntamack au pied, pour une pénalité qui ressemblait à une balle de match (77e). Une balle de match que les Argentins rateront eux aussi une minute plus tard (78e), pour le plus grand bonheur des Tricolores. L'aventure commence dans la douleur, mais une première bataille a été gagnée, au courage et dans la difficulté, pour permettre d'aller de l'avant avec plus de sérénité. Vraiment ?