L’Angleterre n’avait pas prévu… d’assurer sa finale !

Reuters

Il y a quelque chose de tout à fait paradoxal à imaginer que seuls les dirigeants de la Fédération anglaise de rugby (RFU) ne croyaient pas à la présence du XV de la Rose en finale de la Coupe du monde au Japon. Eddie Jones, le sélectionneur, avait pourtant dès sa nomination il y a quatre ans, au lendemain de la désastreuse élimination à domicile dès la phase de poules d’un Mondial 2015, annoncé la couleur en claironnant son ambition de faire de l’Angleterre la première nation mondiale.

C’est chose faite au classement World Rugby depuis cette semaine et le chef d’œuvre signé par les coéquipiers d’Owen Farrell dans la demi-finale fatale aux doubles tenants du titre néo-zélandais (19-7). Mais cet avènement ne prendra évidemment son sens qu’en cas de sacre en finale samedi, à Yokohama (10 heures), contre l’Afrique du Sud.

Finances exsangues

Un deuxième titre mondial qui, s’il comblerait tous les supporters de l’Albion, pourrait en revanche finir de plomber les finances de la RFU. Une situation qui avait provoqué le départ de son directeur général il y a déjà un an.

Or, selon une information relayée par The Telegraph, le montant des primes, estimées à six millions de livres (environ sept millions d’euros), que pourraient se partager les joueurs anglais et leur staff en cas de victoire sur les Boks, serait de nature à mettre à genoux une Fédération, qui n’avait pas cru bon ou n’avait tout simplement pas les moyens d’anticiper ce parcours jusqu’à présent sans faute de l’équipe d’Eddie Jones en contractant l’assurance, qui aurait permis de couvrir le surcoût ainsi occasionné.

La RFU pourrait donc devoir assumer seule le poids de ces primes bien méritées, même si on devine que les retombées d’un nouveau titre mondial, seize ans après le premier sacre de Jonny Wilkinson et de son équipe, seront conséquentes pour un rugby revenu au sommet.