Roland-Garros : Leconte revient sur le premier sacre de Nadal, il y a quinze ans

Comment laisser passer un 5 juin sans évoquer et Henri Leconte et Rafael Nadal ? Le premier, qui reste toujours à ce jour le dernier Français à avoir disputé la finale à Roland-Garros, avait buté sur la dernière marche le 5 juin 1988 face à Mats Wilander. Dix-sept ans après ce revers que Leconte n'a toujours pas digéré, le 5 juin 2005 avait, lui, marqué le début de règne de Rafael Nadal, vainqueur aux dépens de son compatriote Puerta (en quatre sets), sous les yeux de Zinédine Zidane, de son tout premier titre sur la terre battue de la Porte d'Auteuil. Un sacre avec au passage un succès sur un certain Roger Federer en demi-finales qui allait en appeler onze autres pour celui qui allait devenir sans le savoir encore le maître des lieux. Henri Leconte, qui n'avait pas perdu une miette de ce premier succès d'un Nadal disputant alors là, à 19 ans, son tout premier Roland-Garros, se souvient de la claque qu'il avait reçue ce jour-là en voyant à l'oeuvre le nouveau monstre de la surface. « On s’est dit : attention, il y en a un qui arrive ! », se souvient l'ancien numéro 5 mondial, peut-être jamais aussi impressionné par le Majorquin que lors de cette quinzaine. « Ce n’était pas du tout le même joueur, il était costaud avec des muscles comme ça. Il frappe encore fort, mais c’était une bombe, c’était une balle de squash, une balle magique comme on dit avec les enfants, qui rebondissait dans tous les sens et qu’il frappait. » Le « Vengeur masqué » pensait avoir tout compris de Nadal en 2005. Mais il n'était pas au bout de ses surprises. « Comme une écurie de Formule 1 qui sort chaque année une nouvelle voiture, lui il revient chaque année avec une façon de s’adapter et de jouer qui est à chaque fois différente. Quand on y pense, douze Roland-Garros en quinze ans, waouh ! »

Le fameux « J’espère que vous avez compris mon jeu » de Leconte


Douze pour Nadal mais pas un seul pour le Français malgré donc cette finale de 1988 qui avait vite tourné au cauchemar (7-5, 6-2, 6-1) pour le Nordiste face à son bourreau suédois du jour malgré un très bon début de match. Après sa défaite, Leconte allait de surcroît se tirer une balle dans le pied en ne trouvant rien d'autre à dire au public que : « J’espère que vous avez compris mon jeu ». Ce qui lui valait une bordée nourrie de sifflets et que même les fans de la première heure de « Riton » ne lui ont jamais pardonné. Il ne s'est est jamais remis. « Chaque année, quand je reviens à Roland-Garros, j’ai les boules. Je me dis que j’étais à la dernière marche et que j’aurais préféré perdre en demi-finales. Gagner, ça change ta vie, c’est autre chose. J’ai la Coupe Davis, mais honnêtement, 1988, ça restera toujours un peu en travers, c’est normal. » En revanche, le finaliste malheureux de 1988 ne comprend toujours pas comment en 32 ans, aucun de ses compatriotes n'a fait pour lui emboîter le pas au moins une fois, en allant lui aussi en finale à Paris. « C’est dingue quand tu y penses, c’est fou. Tu te dis : Les gars, faut y aller, quoi ! » Nadal, le premier, a souvent barré la route de nos Bleus chez eux. Pourtant, il est également arrivé à l'Espagnol de se prendre les pieds dans son tapis de jeu préféré. Deux fois très exactement. La première, c'était face au Suédois Robin Söderling, auteur face à Nadal de l'exploit de sa vie avant de disparaître rapidement des radars. C'était en huitièmes de finale le... 5 juin 2009.