Bonzi : «Revivre les mêmes émotions qu'en 2017»


Benjamin Bonzi, cette année, contrairement à l’année dernière, vous n’aurez pas besoin de passer par les qualifications, puisque les organisateurs vous ont délivré une invitation pour le tableau. Cela doit forcément constituer une première satisfaction ?
Oui, ça fait plaisir, car jouer les tableaux de Grand Chelem, c’est pour ça que l’on joue toute l’année. On fait tout pour gagner le plus de matchs possible pour jouer ce tournoi-là, plus encore quand tu es français. Après, s’il avait fallu sortir des qualifs comme l’année dernière, j’aurais tout donné pour le faire. Mais c’est sûr que c’est une belle récompense pour tout le travail que j’ai fait avec toute mon équipe depuis un certain temps.

Est-ce que vous allez aborder différemment ce Roland-Garros par rapport à vos participations précédentes au regard de votre très bon début de saison et de vos progrès ?
Honnêtement, je l’aborde dans le but principal d’essayer de prendre beaucoup de plaisir. J’arrive avec beaucoup de confiance, beaucoup de victoires derrière moi, je sais que je vais être capable de bien jouer. En tout cas, j’ai la possibilité de le faire. Après, on verra comment se passera le match. Jouer des tableaux en Grand Chelem, et encore plus en France, c’est vraiment quelque chose d’exceptionnel, dont il faut en profiter au maximum. Je n’ai pas envie de me mettre particulièrement la pression.

Pas de pression, mais l’envie de bien faire devant le public français ?
Forcément, j’ai envie que ça se passe bien comme j’ai envie d’aller le plus loin possible. Mais il va falloir essayer de l’aborder comme les autres tournois cette année et aborder les matchs de la même manière pour être dans le même état mental et dans la même stabilité. Et si j’arrive à faire ça, à bien préparer le match. Et à être prêt mentalement et physiquement à vivre cet événement, il n’y a pas de raison pour que ça se passe mal. J’ai envie de faire un ou plusieurs bons matchs pour kiffer sur le court et avoir des émotions, car c’est vrai, il va y avoir le retour du public.

Bonzi : « On a tous grandi en regardant ce tournoi »


Au-delà de vous galvaniser, le retour du public vous donne-t-il plus envie encore que ce n’était le cas l’année dernière de démarrer ce Roland-Garros ?
Oui, c’est un plus, bien sûr. Cela fait un petit moment que l’on joue à huis clos. Donc cela va être une bonne chose de retrouver le public, l’ambiance, et encore plus ici, où l’on sait que pour les Français, sur certains matchs, cela peut énormément aider et permettre d’aller beaucoup plus haut. La bulle sanitaire ? Franchement, on s’y est habitué et on arrive sur la fin. En France, il y en a encore, mais on arrive à la fin, les joueurs sont rodés et le fait d’avoir le public qui revienne, c’est un grand pas en avant. Et, pour moi, cela prend le dessus sur la bulle sanitaire.

Que représente ce tournoi pour vous ?
C’est le tournoi qui nous tient le plus à cœur, à nous les joueurs français. On a grandi en regardant ce tournoi, on a tous rêvé en regardant des grands matchs de ce tournoi, et on a tous l’objectif déjà d’arriver à le jouer un jour et, encore plus, d’y faire une grosse performance. C’est un truc à part. Tu joues l’un des plus gros tournois du monde devant ton public, dans ton pays, c’est quelque chose qui sort de l’ordinaire et il faut en profiter au maximum.

Il y a quatre ans pour vos débuts, vous aviez buté sur Albert Ramos-Vinolas après avoir gagné sur abandon contre Daniil Medvedev au 1er tour…
Oui, j’avais déjà eu la wild-card dans le tableau. J’avais réussi à passer un tour, c’était un truc complètement exceptionnel pour moi à cette époque-là, car je n’étais pas du tout préparé à en arriver là et à vivre les émotions que j’ai vécues sur ce tournoi.

L’année dernière, c’est Jannik Sinner qui vous avait barré la route au deuxième tour. Est-ce que cela reste malgré tout un bon souvenir ?
Oui, j’avais réussi à faire un très bon tournoi aussi, car sortir des qualifs en Grand Chelem, ce n’est pas facile. C’était déjà une satisfaction. Après, j’ai réussi à passer un tour dans le tableau en battant Ruusuvuori dans des conditions vraiment pas faciles. Il faisait très froid, il y avait de la pluie, du vent, c’était vraiment compliqué de jouer. Et après, j’ai joué Sinner, qui était bien plus fort sur ce match-là, donc il n’y a pas beaucoup de regrets à avoir, mais c’est clair que cela n’a pas dépassé les émotions que j’avais connues en 2017, parce qu’il n’y avait pas de public.

C'était si fort que ça, 2017 ?
En 2017, c’était ma première fois en Grand Chelem, en France, dans un stade plein sur le court numéro 2 à l’époque, c’était vraiment exceptionnel. J’aimerais bien revivre ce genre d’émotions cette année, même s’il y aura forcément moins de public. J’ai déjà vécu plein de belles choses sur ce site, et j’espère en vivre encore plein à l’avenir.

Bonzi : « Cinq sets, ce serait l'inconnue  »


Cette année, le tirage au sort vous a réservé l’Argentin Facundo Bagnis, 101eme mondial, au 1er tour. Vous ferez face à un pur terrien et habitué comme vous du circuit Challenger…
Je le connais un petit peu, parce que je l’ai vu sur les Challenger ces dernières années. En revanche, je ne l’ai jamais joué. C’est un gaucher, spécialiste de terre battue, qui joue sur terre depuis février et qui a beaucoup de repère sur terre. Il a eu de très bons résultats ces derniers temps sur terre, notamment cette année quand il a commencé sur la tournée en Amérique du Sud en début d’année. Cela va être un match pas évident, avec un gros combat physique à tenir. Il va falloir réussir à le sortir de sa zone de confort derrière sa ligne. C’est un match intéressant qu’il va falloir bien préparer pour essayer de faire au mieux. Rublev ensuite ? Oui, j’ai vu, mais je préfère me focaliser sur mon premier tour, faire tout pour gagner ce match, me préparer comme il faut et éventuellement jouer Rublev s’il gagne.

Et en trois sets gagnants, ce qui ne vous est pas arrivé depuis un moment ?
Oui, depuis Roland-Garros de l’année dernière. Si ça change beaucoup de choses ? Oui, pas mal, car mine de rien, quand tu pars sur un match assez long et que tu es un joueur de Challenger, tu n’as pas beaucoup d’expérience dans ce domaine-là sur comment gérer ce genre de match à rallonge. Tu peux avoir beaucoup de matchs longs en Challenger, mais ça reste du deux sets gagnants. Là, c’est un set de plus. Tu peux aller jusqu’à cinq sets, c’est un truc que l’on ne connaît pas trop. Moi, je n’ai encore jamais joué de matchs en cinq sets, je suis allé jusqu’à quatre. Ca serait l’inconnue, donc on verra.

Vous n’avez jamais fait mieux que deuxième tour à Roland-Garros. Cette année, l’objectif est-il d’aller au troisième tour ?
J’espère aller le plus loin possible. Il y a plein de barrières en Grand Chelem, dont le tirage au sort qui rentre en compte, mais oui, clairement, j’ai envie de passer le cap du deuxième tour.


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