L'Asvel de Parker couronnée

La mode des "remontadas", très peu pour Tony Parker. Pourtant son club de l’Asvel, après avoir mené 2-0 dans les finales du championnat de France contre Monaco, a senti le souffle du boulet. Alors que les Monégasques, en gagnant eux aussi leurs deux matches à domicile, avaient décroché cette belle de mardi soir à Villeurbanne, ils ont mené et même pris un petit écart en fin de première période. Avant de s’écrouler littéralement au retour des vestiaires, pour s’incliner 66-55 et laisser donc un titre logique à l’Asvel (son 19e), première équipe à être sacrée après avoir dominé la saison régulière depuis Cholet en 2010.

Sous les yeux de Jean-Michel Aulas, presque encore plus chaud que son voisin et désormais associé "TP", c’était plutôt bien parti dans le premier quart (17-11, 9e). Mais l’ASM a tout de même paru surfer sur sa dynamique, profitant de la maladresse des Rhodaniens à trois points. Ces derniers n’ont entré leur premier tir primé qu’à quatre minutes de la pause (26-27, 16e) et n’ont pas réussi à contenir les visiteurs, qui comptaient huit points d’avance à la mi-temps (27-35). Et puis est arrivé ce troisième quart-temps pour l'Asvel, en mode Warriors.

Parker: "Je fais ça pour mon pays"

La réussite est revenue derrière la ligne, avec notamment une série de 4/5 pour démarrer, sous la houlette d’un A.J. Slaughter retrouvé pile quand il le fallait. Un "run" de 9-1 a vite ramené les locaux à hauteur (36-36, 24e) et Monaco a finalement encaissé un 24-8 dans ce seul troisième quart (51-41) ! Ce n’était plus, ensuite, qu’une affaire de gestion sur un petit nuage bouillant, dans une ambiance incandescente avec plus de 34°C au thermomètre ! Et face à des vice-champions de France - qui le restent donc - bien trop assommés pour réagir. L’Asvel est ainsi championne à la fois chez les hommes et chez les femmes, une première depuis 1963 (et le PUC) !

Le boss Tony Parker est aux anges, comme un gamin qui aurait déjà essuyé toutes les larmes de sa toute fraîche retraite de joueur (sur RMC Sport): "C’est incroyable, je ne sais pas quoi dire ! Je suis fier. A la mi-temps, je leur ai tenu le même discours qu’en finale de Coupe de France. Ils avaient l’air tétanisés et leur retour a été incroyable ! On était champions en 2016, l’année où la France a perdu l’Euroligue, là on est à nouveau champions et on la récupère. Je suis content pour notre basket, je fais ça pour mon pays." Car Villeurbanne participera donc à l’Euroligue la saison prochaine, ce qui aurait été le cas quoi qu’il arrive en tant qu’invité. Mais l’entreprise d’un quadruple champion NBA ne va pas se frotter aux champions européens sans être elle-même championne.