Open d'Australie (H) : Daniil Medvedev, le nouveau tsar du circuit

À la différence de Dominic Thiem, lui n'a pas encore goûté à sa première victoire en Grand Chelem mais il incarne la relève des Federer, Nadal et Djokovic. Aujourd'hui plus que jamais. Il faut se remémorer le Daniil Medvedev de l'automne dernier, défaitiste, capitulard, incapable de garder ses nerfs, pour mesurer le chemin parcouru jusqu'à Melbourne du désormais n°3 mondial. Au sortir de deux tournois (Saint-Pétersbourg et Vienne) ratés dont une dernière élimination en quart de finale contre Kevin Anderson (6-4, 7-5), le Russe a eu une longue, très longue discussion avec Gilles Cervara, son entraîneur français. Ce genre d'échange où l'on vide son sac, exprime un mal-être ou un ras-le-bol. De par sa nature, assez sanguine, Daniil Medvedev aurait pu tout envoyer valser à deux petits jours d'une entrée en lice au Masters 1000 de Bercy. Mais à 25 ans, le demi-finaliste de l'US Open 2020 a décidé cette fois de s'accrocher. Finies les sautes d'humeur où il pouvait dégoupiller et lâcher point sur point, terminées les prises de bec avec le public, plus de self-control et de maîtrise des émotions. Capitale pour la fin de sa saison mais surtout pour la suite de sa carrière, l'entrevue se déroule dans l'intimité d'un vestiaire, entre deux hommes ayant un but commun : prendre la suite des trois ténors du circuit.

Premier Russe en finale à Melbourne depuis Safin


Depuis cette prise de conscience, nécessaire, Daniil Medvedev a enchaîné vingt victoires consécutives, série en cours. Auteur du doublé Bercy-Masters à Londres, le Russe a battu, depuis début novembre, tous les membres du Top 10, hors Federer (blessé), dont trois fois Alexander Zverev et Diego Schwartzman. À Melbourne, le vainqueur de l'ATP Cup avec la Russie a lessivé tous ses adversaires. Seul Filip Krajinovic a réussi à faire déjouer le protégé de Gilles Cervara, le temps de deux sets, avant de finalement capituler dans le cinquième set (6-0). Monstrueux en défense, impérial au service, ravageur sur ses coups droits, Medvedev a surtout progressé mentalement, un aspect qui le rend vraiment complet maintenant. « Plus tu gagnes, mieux tu te sens, a réagi la tête de série n°4. La confiance joue beaucoup. Une fois que je la perds, je commence à faire plus de fautes et c'est là que mon jeu peut s'affaiblir. Je suis vraiment content d'avoir réussi à maintenir ce « momentum » pour l'instant. J'espère que ça va continuer. » Ce vendredi matin, Stefanos Tsitsipas a donné la terrible impression d'être englué dans la toile de Medvedev, incapable de s'en défaire. Pendant que les coups pleuvaient, chaque fois un peu plus fort, le piège se refermait sur lui, jusqu'à la capitulation en trois sets. À 25 ans, le Moscovite est le plus jeune joueur à atteindre la finale de l'Open d'Australie depuis un certain Novak Djokovic en 2012 (24 ans et 8 mois). Aussi, il peut prendre la relève d'un certain Marat Safin, vainqueur en 2005 à Melbourne. Face au Serbe, invaincu en huit finales ici, la tâche sera ardue mais cette fois pas insurmontable pour le nouveau tsar de Russie.

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