Qui pour relancer Joakim Noah ?

Reuters

Joakim Noah n'est plus un joueur des New York Knicks. L'issue était évidente pour le pivot français, qui souhaitait être libéré depuis plusieurs mois. Recruté en 2016 par l'ancien maître (zen) des lieux Phil Jackson, Noah n'a jamais su, ni pu, justifier son énorme contrat de 72 millions de dollars sur quatre ans. Dans l'idée, et avec son CV, "Jooks" n'avait rien volé. Simplement, les difficultés sportives des Knicks et ses propres problèmes physiques conjugués à une suspension pour l'usage d'un complément alimentaire interdit l'ont rapidement rendu impopulaire.

Identifié comme l'un des paris ratés de Jackson, Noah n'aura pas le loisir de prouver sa valeur auprès du nouveau coach David Fizdale. Le tandem Steve Mills-Scott Perry a enfin tranché, acceptant de lui payer progressivement ses deux dernières années de contrat, soit 38 millions de dollars, pour lui rendre sa liberté. On ne plaindra pas l'ancien meilleur défenseur de la ligue et double All-Star sur le plan financier. Sportivement, en revanche, ses perspectives sont tristement limitées.

Même Minnesota n'en veut pas...

A 33 ans et en dépit de sa réputation dans la ligue, Joakim Noah a très peu d'options devant lui. Après avoir jaugé l'intérêt qu'il pourrait susciter en NBA, le New-Yorkais de naissance s'est rendu compte que même les Timberwolves et leur manie de recruter d'anciens Bulls (Jimmy Butler, Derrick Rose, Luol Deng et Taj Gibson) n'étaient pas intéressés... Il faut dire que le style de jeu de Noah n'est plus celui des intérieurs les plus prisés du moment. Les franchises les plus ambitieuses misent davantage sur des joueurs polyvalents offensivement et capables de shooter. La grande force de "Jooks" reste son intensité défensive - si son physique le lui permet - et sa qualité de passe sous-cotée. Dans l'idée, plusieurs équipes ambitieuses pourraient lui trouver une utilité. Mais la plupart ont déjà des certitudes quant à leur rotation intérieure.

Le paradoxe, c'est sans doute que Noah et son expérience intéresseront davantage d'équipes en milieu ou en fin de saison. Or, c'est avec du temps de jeu que l'éphémère international tricolore a toujours donné le meilleur de lui-même. Quatre à cinq mois d'inactivité supplémentaires ne l'aideront pas à être plus attractif. Quant à une expérience à l'étranger, il faut sans doute l'exclure d'emblée tant Noah est attaché aux Etats-Unis et persuadé d'avoir encore sa place en NBA. Difficile de lui en vouloir, lui qui a été 4e du classement du MVP il y a seulement 4 ans, derrière des monstres déjà sacrés comme Kevin Durant et LeBron James...

Alors, Brooklyn pour l'intérêt géographique et du leadership dans un effectif jeune ? Miami ou Orlando, pour retrouver la Floride qui lui a tant souri durant son cursus universitaire ? Ou une place en bout de banc chez les Warriors ? Quelle que soit l'opportunité qui s'ouvre à lui, Joakim Noah ne devra pas la toiser.


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